Aya Nakamura, Omar Sy, Mohamed Mbougar Sarr et «Les Olympiades»: magnifique pied de nez à l’ambiance « dégueu » du moment

Or cette finesse dans les personnages, dans la manière de faire de chacun un être humain plongé dans le monde, on la retrouve avec le personnage de Camille, joué là aussi génialement par Makita Samba. Il se trouve que Makita Samba est noir. Mais dans ce film, il ne joue pas un Noir. Ou pire, le Noir, comme on le voit souvent au cinéma. À l’instar de Lucie Zhang, il est plus qu’une assignation. Ils la débordent. La finesse de l’écriture permet d’éviter tous les stéréotypes.

Ainsi, le personnage de Camille a une activité sexuelle intense –ce qui aurait pu passer pour un cliché reposant sur un stéréotype raciste qui présente souvent les personnes noires de façon hypersexualisée. Mais dès le début, la question est évacuée par le personnage lui-même qui explique son activité sexuelle par le besoin de compenser sa frustration professionnelle (il est prof de… français, bien sûr). Cette explosion des cadres crée une liberté chez les personnages et dans l’histoire, un vent de fraîcheur qui vous fait sortir de la salle avec le sourire aux lèvres. Et de nos jours, toute raison de sourire est bonne à prendre.

C’était une belle semaine.  Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq.