Tapis rouge ou tentes: après les exfiltrations, questions sur le sort des exilés Afghans à la rue

« Le vrai enjeu, c’est le logement, pas l’hébergement d’urgence », rétorque Didier Leschi, patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, organe chargé de l’accueil et de l’insertion des demandeurs d’asile.

« Aujourd’hui, plus de 8.000 exilés Afghans hébergés dans le dispositif national d’accueil (DNA) ont déjà obtenu une protection » et devraient donc accéder au logement, souligne-t-il. « Nous avons des difficultés d’accès au logement, qui relève autant des efforts de l’État que des collectivités locales. Ce que demande l’État aux villes qui veulent aider, c’est de s’engager sur la longue durée, pas de manière ponctuelle. »

Ces cinq dernières années, le dispositif national d’accueil a plus que doublé, pour atteindre quelque 110.000 places. Mais au vu des derniers événements, « on va demander une augmentation » du dispositif, explique Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d’asile, association opératrice de l’État qui gère notamment l’hôtel où sont arrivés les premiers évacués de Kaboul.

« Il y a encore beaucoup d’exilés Afghans dans les rues. Il reste des milliers de gens sous des tentes, et les arrivées de demandeurs d’asile, qui avaient ralenti avec le Covid, ont repris« , justifie la responsable.

Les besoins sont d’autant plus grands que « si la France s’engage à continuer de faire arriver des Afghans fuyant le régime taliban, il faut se mettre en situation d’accueillir dans de bonnes conditions« .

Pour ceux déjà présents sur le sol français, souvent déjà déboutés d’une première demande d’asile dans un autre pays européen, Delphine Rouilleault voit également s’ouvrir un nouveau chantier: « Il faut faciliter le réexamen (des demandes) de tous les Afghans déboutés, au vu du changement radical de situation en Afghanistan ». « Parce que si on acte qu’on ne les expulse pas », dit-elle, « il faut faire en sorte de les protéger« .