Tahar Ben Jelloun réalise les vitraux d’un église en s’inspirant des trois religions monothéistes

Quelle belle première que cette création de Tahar Ben Jelloun. Pour la première fois, un artiste de culture musulmane, se voit confier la création des vitraux d’une église. Un symbole fort et lumineux qui invite les trois religions monothéistes à communier dans une Maison de Dieu.

article par Zineb Ibnouzahir publié sur le site marocain  fr.le360.ma le 25 11 2019

A l’origine du projet, deux hommes de paix…

Ecrivain, poète et peintre, Tahar Ben Jelloun est tout cela à la fois et bien plus encore. Il s’est imposé tout au long de sa vie comme un trait d’union entre les deux rives de la méditerranée, un messager de la paix des peuples et un fervent défenseur de la cohésion et de l’harmonie entre les religions.

Par l’écriture, Tahar Ben Jelloun dépeint le monde et la société qui l’entourent, souvent associés à la violence, la brutalité, les tabous et les non-dits, terreau fertile de ses engagements et de ses coups de gueule. Mais avec la peinture, c’est une toute autre réalité qui se dévoile: spirituelle, lumineuse, positive, colorée et joyeuse, comme peut l’être la vie.

Jérôme Clément, initiateur du projet, est quant à lui bien connu du monde des arts et de la culture. C’est sur son invitation que Tahar Ben Jelloun, l’artiste (même s’il ne veut être qualifié ni de peintre ni d’artiste) a conçu les vitraux de la petite église Saint Genulf et Saint Charles où Clément été baptisé dans le village le Thoureil qui borde la Loire.

Jérôme Clément est écrivain mais il a aussi dirigé le Centre National de la cinématographie avant de fonder la chaînée télévisée culturelle Arte. Il a par ailleurs présidé PIASA, une maison de vente aux enchères volontaires ainsi que le conseil d’administration du Théâtre national du Châtelet jusqu’en 2014. Puis jusqu’en 2018, il a préside la Fondation Alliance française et depuis 2012, il est à la tête du festival de cinéma Premiers Plans d’Angers.

Cette invitation à faire communier sous le pinceau de Tahar Ben Jelloun les religions dans une petite église trouve peut-être ses origines dans l’histoire familiale de Jérôme Clément. Lui, né d’un père catholique et d’une mère juive, baptisé catholique, à la demande de ses grands-parents paternels, mais qui n’a découvert qu’en 1996 seulement que ses grands-parents maternels sont morts déportés à Aushwitz.

De son côté, Tahar Ben Jelloun avoue avoir «été surpris puis enchanté et même fier.» Rendez-vous compte! «Un artiste de culture musulmane intervenant dans une vieille église!» s’enthousiasme-t-il. «A ma connaissance ce serait la première fois.»