Que faire des djihadistes de retour de Syrie et d’Irak ?

Cette carte proposée par Courrier International ne dit pas tout du phénomène puisque certaines statistiques manquent. Si elle confirme que la France est le principal « pourvoyeur »  européen  de volontaires djihadistes, elle montre également que la Russie et ses républiques musulmanes, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Tunisie fournissent malheureusement des bataillons encore plus importants.

L’intérêt de ce dossier est aussi de montrer  que le débat sur les « revenants » est très complexe et  portet  sur des arguments parfois sensiblement selon les sociétés dans lesquelles ils se déroulent.

Tour d’horizon des différents débats et initiatives en Belgique, Tunisie, Allemagne, Royaume-Uni et les Balkans.

La Tunisie n’est par prête  :

« Début 2017, les Tunisiens ont clamé leur refus d’un retour des djihadistes qui avaient rejoint Daech. Les autorités affirmaient alors tout savoir sur les 2 926 Tunisiens liés au terrorisme. Or, en 2015, un rapport des Nations unies avait révélé qu’ils étaient plus de 5 000.

En décembre dernier, la députée Leila Chettaouiprésidente de la Commission parlementaire qui enquête sur les filières djihadistes, alertait sur les ondes de Shems FM des combattants rentrés au pays “sont dans la nature et personne ne peut les identifier”. Dans Business News, Emna Ben Arab, universitaire qui a participé à l’étude de l’Institut tunisien des études stratégiques sur les dangers du retour, avance, elle, que de nombreux djihadistes sont en détention. “Ils reçoivent des visites de la part de leurs proches et jouissent d’un système de soutien psychologique et matériel de leur part.”

“Les centres de réhabilitation ont un coût et le pays n’a pas cet argent. Il n’y a aucune trace d’un projet de déradicalisation”, souligne Badra Gaaloulla présidente du Centre international d’études stratégiques sécuritaires et militaires, dans Al-Araby Al-Jadid. Ce genre de projet serait peut-être efficace en France ou en Belgique, où les djihadistes ne sont pas nombreux. “En Tunisie, il s’agit de 900 détenus, alors que près de 3 000 autres seraient de retour”, explique-t-elle. Ces combattants auraient fait des émules et au moins 27 000 jeunes seraient sur la voie de la radicalisation. “L’histoire nous a déjà montré que la prison n’était pas une solution. C’est plutôt un vivier pour les recruteurs. La Tunisie n’est pas prête pour le retour des djihadistes.”