Note de Lecture : « Le Prophète et la pandémie » : histoire du « jihadisme d’atmosphère » par Gilles Kepel

Au-delà des coups de colère justifiés – envers la déshérence des études d’arabe en France – ou pas – à l’encontre de ses collègues qui ne partagent pas ses analyses –, c’est cette profondeur historique qui fait l’intérêt de l’ouvrage. Plus que sa tentative d’histoire immédiate. Depuis l’impression du “Prophète et la pandémie”, Erdogan, conscient que Biden serait moins permissif que Trump, s’est nettement calmé et le Qatar s’est réconcilié avec l’Arabie saoudite, désertant un axe chiito-frériste réduit à la Turquie sunnite et à l’Iran chiite. Ecrire l’histoire immédiate implique d’accepter de se tromper, cela s’appelle le journalisme.

Le Prophète et la pandémie. Du Moyen-Orient au jihadisme d’atmosphère de Gilles Kepel, Gallimard, 336 pages, 20 euros