Comment mieux accueillir les élèves handicapés à l’école ?

350 000 élèves handicapés sont désormais scolarisés en France, contre 155 000 en 2006. Le médiateur de l’éducation nationale Claude Bisson-Vaivre propose dans son rapport annuel une série d’améliorations pour le bien-être des élèves handicapés à l’école.

Si le médiateur de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Claude Bisson-Vaivre, concède que « l’accueil des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire a fait des progrès considérables », grâce aux lois de 2005 et du 8 juillet 2013, le médiateur fait état de 350 réclamations reçues en 2016 à ce sujet dans son rapport. Au cœur des propositions de Claude Bisson-Vaivre pour améliorer la scolarisation des élèves handicapés : la simplification des dispositifs, l’augmentation des moyens et une meilleure formation des équipes éducatives.

Simplifier les dispositifs

« C’est déjà difficile pour mon fils, reconnu RQTH [reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, NDLR], de s’insérer dans un centre de formation d’apprentis (CFA) en milieu dit « normal » (…) mais c’est absolument impossible pour lui de faire des démarches administratives aussi compliquées » déplore la mère d’un candidat qui tentait d’obtenir des aménagements pour passer son baccalauréat professionnel.

Des lettres comme celle-ci sont parvenues au médiateur de l’éducation nationale pour alerter sur la complexité des procédures. La scolarité peut encore pour quelques familles,relever « du parcours du combattant », constate Claude Bisson-Vaivre. Pour y remédier, le médiateur recommande « de réécrire le corpus réglementaire pour rendre plus lisible l’ensemble des dispositifs ».

Pallier le manque de moyens

Le rapport du médiateur dénonce « le manque récurrent de médecins de l’éducation nationale », nécessaires « au bon accueil des élèves relevant du handicap », avec seulement 42 % des postes ouverts en 2015 qui ont été pourvus, et environ un millier de médecins scolaires en activité. Il propose « de renforcer l’attractivité » de la profession « par des mesures incitatives », évoquant au passage « la réflexion sur le niveau de leur rémunération ».

Il conviendrait aussi de rendre plus attractif le métier d’accompagnant d’élève handicapé, « nouvel acteur indispensable », en nombre insuffisant selon le médiateur. En effet, 7 % des décisions d’accompagnement ne seraient pas totalement honorées, par manque de budget notamment. « Mon fils a une AVS [auxiliaire de vie scolaire, NDLR] qui sera absente un mois minimum. (…) J’ai contacté le Dasen [directeur académique des services de l’éducation nationale, NDLR] qui m’explique ne pas avoir le budget pour pallier son absence », raconte par exemple la mère d’un garçon trisomique de 4 ans scolarisé en moyenne section à l’école maternelle.