Le grand plan de Sarcelles pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme

Education, devoir de mémoire, discrimination, prévention de la radicalisation, le maire (PS) Patrick Haddad veut faire de la ville une référence en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

article de  Maïram Guissé publié sur le site leparisien.fr, le 11 07 2019

Montrer Sarcelles telle qu’elle est. Une ville cosmopolite de 60 000 habitants, composée d’une centaine de communautés, de toutes origines, toutes cultures, toutes religions. « Où les actes racistes et antisémites ne sont pas la règle mais une exception », insiste Patrick Haddad, le maire (PS).

Il ne nie pas pour autant le fait qu’il « existe parfois des tensions ». D’où la nécessité de faire de la prévention pour « déconstruire des idées fausses et valoriser ce qui se passe bien ». Pour se faire, Patrick Haddad vient de signer un plan territorial de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, en partenariat notamment avec la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT), SOS racisme, l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), l’agglomération Roissy-Pays-de-France.

Quatre grands thèmes d’action

Ce plan se construit autour de quatre thèmes. « La pédagogie dans les écoles publiques et privées. C’est avec les enfants et les jeunes qu’il faut d’abord travailler, insiste Patrick Haddad. Sur les réseaux sociaux, il y a de la désinformation. Avec l’éducation nationale, nous voulons travailler sur les valeurs citoyennes, la laïcité, la tolérance, la connaissance de l’autre ». Des actions se feront avec l’association Coexist qui intervient en milieu scolaire pour « déconstruire les préjugés raciaux ».

Tout un travail sur la mémoire est également pensé. « À Sarcelles, nous reconnaissons les histoires et souffrances passées des communautés, dans lesquelles la France est impliquée ou pas. L’idée est de créer une mémoire collective », détaille Patrick Haddad. Expositions, documentaires, témoignages d’anciens déportés, de résistants, rencontre entre les habitants, le champ d’action se veut large.

« Au fond, ce dont nous parlons, c’est de vivre-ensemble, de nos valeurs communes »

Un volet concernant les discriminations à l’emploi est également prévu, à travailler avec l’agglomération Roissy-Pays-de-France. « C’est quelque chose qui mine la cohésion sociale. Le fait d’être stigmatisé en raison de son quartier d’habitation, de sa couleur de peau… Il faut donc lutter contre cela », insiste le maire.

Le dernier élément concerne la mise en place d’événements culturels et festifs. « On a récemment organisé un concours de poésie auprès d’écoliers qui ont écrit de très beaux textes contre le racisme et l’antisémitisme », détaille Patrick Haddad. Rencontres sportives, concerts, création d’un festival du rire contre le racisme… « On veut des actions qui ne soient pas seulement austères », répète le maire, sans oublier d’évoquer la prévention contre la radicalisation.