Le confinement et ses effets : rester chez soi et rompre avec l’individualisme ambiant

Le confinement menace les besoins fondamentaux humains que le psychologue Abraham Maslow compte pour sa part au nombre de cinq : physiologiques, de sécurité, d’appartenance sociale, d’estime de soi et d’accomplissement. Ces besoins seraient organisés sous forme de pyramide avec l’idée que les besoins physiologiques doivent être assouvis en premier lieu, puis viennent ceux associés au sentiment de sécurité, et se terminent par les besoins d’accomplissement.

article collectif par publié sur le site theconversation.com, le 28 03 2020

Dans ce cadre, on peut comprendre les réactions parfois vives des individus cherchant à faire des réserves de nourriture à tout prix, puisque le danger lié à l’épidémie fait peser un risque potentiellement vital sur chacun, sentiment de risque encore augmenté avec le confinement et l’entrave à la liberté de circuler.

Ici, les émotions de peur et les angoisses de mort sont accentuées par la difficulté ressentie à pouvoir librement assouvir ses besoins primaires. Les comportements associés sont donc à comprendre dans le cadre d’une lutte pour la survie, se transformant par exemple en rixes dans les supermarchés. Le confinement pourrait donc entraîner le repli sur soi et l’individualisme, c’est-à-dire la préservation de sa propre survie.

Les interactions sociales, un besoin humain fondamental
Les travaux de John Bowlby et sa théorie de l’attachement nous encouragent à envisager que le sentiment d’être en lien privilégié avec un être est un élément fondateur d’un développement harmonieux.

Ce lien d’attachement originel, avec des figures stables et aimantes, comme nos parents, se retrouverait dans notre besoin d’interaction sociale.

Ici aussi, la situation de confinement actuel menace cette nécessité d’interaction sociale puisque la population est exhortée à une distanciation sociale, ce qui peut expliquer les comportements, qualifiés de dangereux dans le contexte actuel, de regroupement, malgré les interdictions. Dans tous les cas, cela pourrait être une des raisons qui rendent ce confinement source de stress chez certaines personnes.

Comment, alors, en étant isolés, chacun chez soi, pouvons-nous combler ce besoin d’appartenance si vital ? En activant la présence sociale, c’est-à-dire le sentiment d’être en présence d’une personne « réelle ».

L’importance de la présence sociale
La présence sociale comprend deux éléments principaux : l’intimité et l’immédiateté. L’intimité correspond au lien qu’il y a entre deux personnes en interaction alors que l’immédiateté est la distance psychologique entre ces deux personnes.

Dans une interaction, ces deux éléments sont déterminés par plusieurs caractéristiques, comme les expressions du visage, la voix, l’apparence physique ou la gestuelle. Les outils du numérique peuvent remplacer une présence physique car ils donnent la possibilité de fournir certaines de ces caractéristiques. Ils servent de médiateurs entre les individus pour activer la présence sociale, ce qui est très important lors de ces temps de confinement. En jouant sur l’intimité et l’immédiateté, on peut renforcer l’impression d’être réellement en présence d’autres personnes.