Education : « La France est le pays où la discipline est la plus dégradée » parmi les pays de l’OCDE

Certes, les relations entre élèves et enseignants ne sont pas bonnes, en comparaison avec les autres pays, mais cet indice n’est pas aussi catastrophique que celui de la discipline. L’enquête nous montre que les classes apparaissent aussi moins agitées dans le privé que dans le public, en lycée qu’en collège. En revanche, il n’y a pas de différence significative entre établissements ruraux et urbains.

Quelles pistes faut-il explorer pour remédier à ce problème de discipline ?

Je ne crois pas que l’exclusion temporaire (lien en PDF) à grande échelle soit une bonne réponse. Peut-être faut-il renforcer le dialogue entre parents et enseignants dans chaque établissement. Cela semble d’autant plus opportun qu’ils se parlent moins en France que dans les autres pays de l’OCDE, selon un questionnaire Pisa.

Aux Etats-Unis, des questionnaires sont donnés aux parents et aux enfants sur l’expérience scolaire. On demande aux élèves, par exemple, si les enseignants connaissent leur nom. Évidemment, l’établissement doit aussi rendre des comptes sur la façon dont il aide l’élève à progresser. Des indicateurs existent déjà, comme le taux d’accès au baccalauréat, qui permet d’apprécier la capacité ou la volonté d’un lycée à garder ses élèves de la seconde à la terminale.

De façon générale, le modèle traditionnel français repose sur l’idée que l’école doit sauver les enfants de la mauvaise influence du monde et de leur famille. Cela donne l’idée aux parents, et plus encore à ceux issus de milieux défavorisés, que l’école se construit contre eux. Il faut se rapprocher davantage de la culture anglo-saxonne ou scandinave : l’école travaille avec les parents pour permettre aux enfants de progresser. Il est nécessaire de développer cette idée que les parents ne sont pas des adversaires, mais des alliés.

Par Anne Brigaudeau. Publié le 31/032017 sur France Info.