La voix des départements d’outre-mer se fait enfin entendre à l’Assemblée

Première intervention, aujourd’hui, pour Jean-Hugues Ratenon, fraîchement élu député de la 5èmecirconscription (La Réunion). Depuis son arrivée à l’Assemblée nationale, Ratenon ne passe pas inaperçu. Il faut dire que le palais Bourbon n’a pas souvent abrité un smicard. Pour la première fois, Jean-Hugues Ratenon a pris la parole pendant près de dix minutes à  la tribune de l’Assemblée nationale. Cela a dû le changer de la petite salle du conseil municipal de Bras-Panon, à La Réunion, où il a été durant de longues années conseiller de l’opposition, avant de démissionner en juin dernier, juste après son élection à la députation.

Dans son discours, Jean-Hugues Ratenon a interpelé sans ciller la ministre du Travail qui s’apprête à faire voter la loi éponyme par ordonnance. « Et pourquoi pas des ordonnances pour tout ce dont le peuple a besoin », a lui a demandé en préambule le député Ratenon au cours d’une vibrante intervention, un vrai plaidoyer pour les Réunionnaises et les Réunionnais les plus pauvres dont la moitié quasiment vit en dessous du seuil de pauvreté.

Visiblement, Jean-Hugues Ratenon ne s’est pas laissé impressionner par les ors de la République et il a directement mis la ministre devant la réalité sociale de La Réunion, département qui compte le plus grand nombre de chômeurs en France.

Ratenon a parlé avec son cœur d’une réalité qu’il connaît bien pour l’avoir vécue jusqu’en juin dernier. Et même s’il a été élu député, même si sa vie a « basculé » du bon côté, il ne compte pas pour autant squatter « La Réunion d’en haut » qui n’est pas son monde. Jean-Hugues Ratenon, qui apprend vite, a conclu son discours par une formule, non sans ironie, par rapport à une déclaration récente du Président de la République Emmanuel Macron. Lequel s’adressant à des jeunes avait dit : « dans une gare  on croise des gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien… ». D’où la conclusion « en foutan » de Ratenon : à la Réunion, « nou lé pas plis, nou lé pas rien, respect à nou ! ». En son temps, à la même tribune, feu le député Laurent Vergès, avait déclaré devant ses collègues parlementaires de toute la France : « nou lé pas plis, nou lé pas moin, respect à nous ». Ratenon a en quelque sorte réactualisé cette citation devenue emblématique dans notre département.

Publié le 11/07/2017 sur le site Freedom