4 chrétiens condamnés à 10 ans de prison en Iran : l’intolérance religieuse perdure

Trois Azerbaïdjanais chrétiens et un Iranien converti au christianisme ont été condamnés il y a une dizaine de jours à 10 ans de prison pour « activités missionnaires » et « actions contre la sécurité nationale ».

L’histoire se répète. Le 7 juillet, trois Azerbaïdjanais chrétiens, Eldar Gurbanov, Yusif Farhadov and Bahram Nasibov, et un Iranien converti au christianisme, Naser Navard Gol-Tapeh, ont été condamnés à 10 ans de prison pour « activités missionnaires » et « actions contre la sécurité nationale ». Ils avaient été arrêtés le 24 juin 2016 alors qu’ils assistaient aux fiançailles d’un ami commun à Téhéran. Si les trois Azerbaïdjanais ne purgeront leur peine que dans le cas où ils retourneraient en Iran, il en va autrement pour Naser Navard Gol-Tapeh, soumis à la loi iranienne.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle condamnation a lieu en Iran. En 2014 déjà, l’ONG Portes ouvertes estimait à au moins 75 le nombre de chrétiens condamnés pour prosélytisme.
En Iran, tous les chrétiens ne bénéficient pas du même statut. Présents dans le pays dès le IIe siècle comme en témoigne la construction des premières églises dans le nord de l’espace perse, les chrétiens d’Iran sont historiquement répartis entre l’Église arménienne d’Iran et l’Église d’Orient, composée de l’Église assyrienne et de l’Église chaldéenne. À cette mosaïque ethnico-religieuse, il faut ajouter les catholiques latins et les nombreuses Églises protestantes. Toutefois, seules les minorités religieuses implantées de longue date sont reconnues par la Constitution de 1979.

Basées sur la charia, les lois iraniennes confèrent à ces communautés le statut de dhimmis. À ce titre, les assyro-chaldéens peuvent élire un représentant au Majlis, le Parlement iranien, contre deux pour les Arméniens, et ces communautés jouissent d’une certaine liberté de culte et sont autorisées à boire de l’alcool. « Les limites, explique à L’Orient-Le Jour Clément Therme, chercheur à l’IISS de Londres (International Institute for Strategic Studies), étant le prosélytisme et l’apostasie, qui sont punis par la loi islamique. » Limites auxquelles il faut ajouter notamment l’interdiction de l’accès pour les chrétiens à certaines professions comme officier de l’armée ou magistrat, et celle pour un homme chrétien de se marier à une femme musulmane. « Mais en Iran, il y a une tolérance sociale. À la différence de l’Irak et de l’Afghanistan, ou même de la Turquie, la situation est plus favorable. Il n’y a pas de crimes antichrétiens par exemple. La société est beaucoup plus ouverte sur la relation entre différentes communautés que la théocratie qui, par définition, est prosélyte », nuance le chercheur.