Val-d’Oise : ils expérimentent un permis de conduire… à 150 €

Avant de se lancer, Ramata, 25 ans, se ronge les ongles de stress. « Je ne peux pas me louper ! » La jeune femme, au chômage après un Bac pro accueil, a besoin du permis de conduire pour devenir aide-soignante. « Je vais passer le concours et le métier a des horaires décalés. Or, à Garges, il n’y a pas assez de transports… »

Dans le secteur de Garges-Sarcelles, le permis s’apparente au Graal. « Se déplacer en transport en commun, c’est l’enfer ! Si on n’a pas de voiture, on est assignés à résidence, souffle Djenaba, étudiante en comptabilité. Et chez nous, on n’a pas les moyens de payer le tarif normal d’un permis. »

Eviter la galère des transports en commun

Originaire de Sarcelles, elle est venue tenter sa chance avec son amie Maïmouna, 18 ans, étudiante en médecine à Bobigny (Seine-Saint-Denis). « Je mets plus d’une heure pour aller en cours, c’est une galère ! Le permis m’offrirait un peu plus de tranquillité et de temps de travail », confie Maïmouna, sourire aux lèvres.

Dans sa chemise bleu marine, Léotard, 26 ans, propre sur lui, essaye de se détendre ses écouteurs dans les oreilles. En alternance dans le BTP, il va débuter un BTS pour devenir chef de chantier. Un métier, qui nécessite de se déplacer « en permanence ». « Et je ne vais pas pouvoir prendre le bus ou le RER à droite à gauche. Là, des employeurs me disent qu’ils ne me recruteront pas en alternance parce que je n’ai pas le permis… » souffle-t-il.

Oulemata, 21, qui ressort de son « entretien réussir », peine aussi à trouver un stage pour valider son BTS mode. La jeune femme, recalée dans les grandes maisons de la capitale, tente de taper à la porte de plus petits ateliers… dans l’Essonne. À l’autre bout de l’Ile-de-France. « Déjà que pour aller en cours, je galère dans le RER D, alors imaginez pour aller là-bas, s’amuse-t-elle. Moi, sans le permis, je ne pourrai pas me projeter et réussir ce que je souhaite réaliser. »

Léotard, 26 ans./LP/V.T. 

Déjà  100 permis de ce type en Seine-Saint-Denis  

Cent jeunes ont déjà bénéficié du dispositif « 100 permis pour les sans permis » de l’association Agir Ensemble en Seine-Saint-Denis. La structure, fondée en 2009 à Drancy, a dernièrement obtenu le titre « d’auto-école associative ». « Cela nous facilite la vie ! », se réjouit Idriss Niang, le président. Après avoir sillonné tout le 93, l’association veut maintenant investir tous les départements d’Ile-de-France. « À commencer par l’est du 95, note Idriss Niang, où sont nos premiers voisins et où les problématiques sont les mêmes. »