#Barcelone “lettre ouverte à un soldat d’Allah” par Karim Akouche

Karim Akouche est un poète écrivain kabyle qui vit au Québec. Sur son compte Facebook , il explique avoir été sur les Ramblas de Barcelone deux heures avant l’attentat ce qui l’a décidé à republier cette “lettre ouverte à un soldat d’Allah. Même réflexe de la part du site berbère  amazigh24 dans sa version marocaine

“Prépare ta valise. Achète un billet. Change de pays. Cesse d’être schizophrène. Tu ne le regretteras pas. Ici, tu n’es pas en paix avec ton âme. Tu te racles tout le temps la gorge. L’Occident n’est pas fait pour toi. Ses valeurs t’agressent. Tu ne supportes pas la mixité. Ici, les filles sont libres. Elles ne cachent pas leurs cheveux. Elles portent des jupes. Elles se maquillent dans le métro. Elles courent dans les parcs. Elles boivent du whisky. Ici, on ne coupe pas la main au voleur. On ne lapide pas les femmes adultères. La polygamie est interdite. C’est la justice qui le dit. C’est la démocratie qui le fait. Ce sont les citoyens qui votent les lois. L’État est un navire que pilote le peuple. Ce n’est pas Allah qui en tient le gouvernail.

Tu pries beaucoup. Tu tapes trop ta tête contre le tapis. C’est quoi cette tache noire que tu as sur le front ? Tu pousses la piété jusqu’au fanatisme. Des poils ont mangé ton menton. Tu fréquentes souvent la mosquée. Tu lis des livres dangereux. Tu regardes des vidéos suspectes. Il y a trop de violence dans ton regard. Il y a trop d’aigreur dans tes mots. Ton cœur est un caillou. Tu ne sens plus les choses. On t’a lessivé le cerveau. Ton visage est froid. Tes mâchoires sont acérées. Tes bras sont prêts à frapper. Calme-toi. La violence ne résout pas les problèmes.

Je sais d’où tu viens. Tu habites trop dans le passé. Sors et affronte le présent. Accroche-toi à l’avenir. On ne vit qu’une fois. Pourquoi offrir sa jeunesse à la perdition? Pourquoi cracher sur le visage de la beauté?

Je sais ce que tu es. Tu es un homme de ressentiment. La vérité est amère. Elle fait souvent des idiots. Mais aujourd’hui, je veux te le dire. Quitte à faire saigner tes yeux.

Ouvre les oreilles. J’ai des choses à te dire. Tu n’as rien inventé. Tu n’as rien construit. Tu n’apportes rien à la civilisation mondiale. Ils t’ont tout donné : la lumière, le papier, le pantalon, l’avion, la voiture, l’ordinateur… C’est pour ça que tu es contrarié. Le ressentiment te ronge les entrailles.