Val-de-Marne : les collectivités partagent les stocks alimentaires des cantines scolaires

La plupart des collectivités sont fournies par les géants de la restauration collective. Mais pour les autres, la fermeture des écoles, des collèges et des lycées en vigueur depuis ce lundi a bousculé l’organisation des stocks des cantines scolaires

article par Frédéric Van de Ponseele, Fanny Delporte et Marion Kremp publié sur le site leparisien.fr, le 18 03 2020

Des dons aux personnes âgées et aux Restos du cœur à Villiers
La cuisine centrale de Villiers gère habituellement 3 000 repas par jour. Hors produits frais qui sont consommés le jour même, les cantines scolaires gèrent des stocks pour deux ou trois jours. « Afin d’éviter de tout jeter, nous avons décidé de faire des dons aux personnes âgés de la ville, explique Jacques-Alain Bénisti, le maire (LR) de la ville. Nous avons également fait des dons aux Restos du cœur. » Ces dons concernent essentiellement des yaourts ou des déserts. Les personnes qui en ont bénéficié sont celles qui figurent dans le listing de la ville établi notamment lors de l’opération canicule. Il s’agit d’une centaine de personnes isolées, qui reçoit très peu de visite ou de proche. « Nous avons effectué ces livraisons ce mercredi », indique par ailleurs l’édile villiérain.

À Vitry, de la nourriture offerte aux Restos du cœur et des commandes annulées.
Dans la plus grande ville du Val-de-Marne, on se réjouit de n’avoir perdu aucun des repas destinés aux établissements scolaires. Tout ce qui avait été acheté et n’a pas pu être consommé a été offert à l’antenne locale des Restos du cœur. Ce mercredi matin, le Secours populaire et le Secours catholique ont également reçu des dons de nourriture. Quant aux arrivages programmés, « 95 % de commandes ont pu être annulées », indique-t-on au cabinet du maire Jean-Claude Kennedy (PCF). Le reste étant ce qui a été offert aux associations. Le Sidoresto, le Syndicat intercommunal dans le domaine de la restauration créé en 2005 par les villes de Gentilly et de Vitry, « est passé de 8 000 repas par jour à 500 », détaille-t-on au cabinet. Ils sont destinés notamment aux agents de la ville toujours en poste, et à des personnes âgées chez qui des repas sont livrés. « Aucune rupture d’approvisionnement » n’est par ailleurs à craindre.

À Sucy-en-Brie, la prévoyance du « chef cuistot »
« Pas de perte », jure-t-on, à la cuisine centrale de Sucy-en-Brie, qui livre les cantines de la commune. L’approvisionnement se faisant « en local et en bio » et, surtout, « au jour le jour », « le chef cuistot a pu anticiper » les fermetures de classes consécutives à l’épidémie, explique la mairie. Et si denrées périssables dans la cuisine il y a, la Ville précise qu’elles seront servies aux enfants des professionnels de santé, toujours accueillis, ou garniront les repas des aînés, dans le cadre du portage à domicile.

À Saint-Maur, des dons à l’épicerie solidaire
La cuisine centrale fonctionne toujours à Saint-Maur, informe la mairie, mais « pour des effectifs restreints » : « enfants des soignants accueillis dans les écoles » ou « personnels municipaux ». Interrogée sur le sort des stocks, la Ville répond que « les denrées encore comestibles, et n’ayant pas une date de péremption très longue, ont été données à l’épicerie solidaire », créée en 2016.

Le Siresco rebalance ses stocks sur le portage à domicile des personnes âgées
Le Syndicat intercommunal pour la restauration collective (Siresco) qui alimente dix-neuf villes d’Ile-de-France dont cinq dans le Val-de-Marne (Arcueil, Champigny, Ivry, La Queue-en-Brie et Choisy) reste mobilisé. Particulièrement auprès des personnes âgées dont les demandes de portage de repas à domicile ont augmenté ces derniers jours.

« Lundi nous avions préparé 40 000 repas, qui ont été donnés le lundi et le mardi pour le service minimum dans les écoles mais tout n’a pas pu être donné. Nous en avons distribué à nos agents, ce que l’on ne fait jamais, mais aussi à l’association Excellents excédents. Et nous utilisons maintenant les stocks pour répondre aux demandes des villes pour le portage à domicile à destination des personnes âgées et vulnérables », explique-t-on au Siresco dont deux des trois cuisines centrales sont à Ivry et Choisy.Une partie du stock pourra également revenir aux SDF de la ville d’Ivry qui a fait une demande en ce sens au Siresco.