Smart université : des campus au secours des étudiants décrocheurs se multiplient

Portés par la situation sanitaire, ces espaces sont très prisés des jeunes livrés à eux-mêmes en cours virtuels, pour être soutenus dans leur parcours. La Smart Université de Garges-lès-Gonnesse est la deuxième à avoir ouvert ses portes, après celle de Chanteloup-les-Vignes à la rentrée 2019

Reportage par Caroline De Malet publié sur le site lefigaro.fr le 17 02 2021

En ce vendredi après-midi, ils sont en passe de finir leurs révisions et s’apprêtent à rentrer chez eux avant le couvre-feu. Répartis dans l’une des six salles de coworking et dans l’espace central, Marine, Anthony et les autres rangent peu à peu leurs affaires, contents de leur semaine. Les ordinateurs, eux, restent ici: ils appartiennent à la Smart Université de Garges-lès-Gonesse, en Seine-Saint-Denis, dont ils sont membres.

Cet endroit, dont les locaux sont prêtés par la ville, est beaucoup plus qu’un espace de coworking. Depuis son ouverture à la rentrée de septembre, il propose à 26 étudiants décrocheurs un encadrement in situ pour les aider à s’accrocher et les motiver, encadrés par Andy Dervot. Une mission qui revêt un relief particulier depuis la crise sanitaire. La plupart suivent un BTS ou un DAU (équivalence Bac) via le CNED (Centre national d’enseignement à distance), avec lequel l’établissement a un partenariat. Et quand ils viennent ici, au minimum 25 heures par semaine, ce n’est pas seulement pour avoir accès à un ordinateur mais avoir un coup de pouce et échanger avec d’autres étudiants rencontrant les mêmes difficultés, même si chaque situation est unique.

«Sans la Smart Université, aujourd’hui j’aurais laissé tomber les études, reconnaît Anthony. L’an dernier, j’ai eu mon Bac technologique STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) en candidat libre et je voulais faire une licence de langues. Mais avec le confinement, je n’étais pas très au courant et j’ai raté la date pour m’inscrire sur Parcoursup. Heureusement on m’a parlé de la Smart Université qui m’a accepté». Depuis la rentrée, il est inscrit en BTS de commerce international au CNED (avec des droits d’inscription réduits grâce à la structure) et vient tous les jours. «À la maison, c’est difficile d’étudier, j’ai trois petites sœurs. En plus, ici on discute beaucoup avec Andy de mes projets futurs, il me conseille des activités à faire pour travailler mes langues par exemple».

Faute de stage, Marine a dû abandonner son projet d’alternance
Marine, titulaire d’un Bac S, avait demandé sur Parcoursup un DUT de techniques de commercialisation en alternance mais n’a pas trouvé de stage en entreprise, ce qui a annulé son inscription. «Je m’étais décidée à travailler pendant un an mais la mission locale de Sartrouville m’a parlé de la Smart Université. C’est ainsi que je suis inscrite en BTS de gestion PME et que je viens plusieurs fois par semaine. Ça me fait du bien d’échanger avec d’autres étudiants qui suivent les mêmes études que moi». Marine est tellement motivée qu’elle vient de Maisons-Laffitte dans les Yvelines, soit près de 2H30 de trajet aller-retour en voiture.