Qui sont les Reichsbürger, ces nostalgiques du Reich ?

« Le mouvement des +Reichsbürger+ a un grand potentiel d’attraction et continue de gagner de nouveaux sympathisants », avait prévenu en mars le patron des renseignements intérieurs, Hans-Georg Maassen.

Comme ils n’ont ni structure ni idéologie communes, les Reichsbürger n’ont pas un chef en particulier, mais de multiples dirigeants auto-proclamés.

A la tête d’un « Royaume d’Allemagne », l’ancien cuisinier Peter Fitzek, 52 ans, avait tenté une entrée en politique en se présentant en 2008 à la mairie de Wittenberg (est). Il a été condamné en mars à trois ans et huit mois de prison pour abus de confiance.

– Quel danger ?

Les autorités allemandes s’inquiètent « du potentiel de violence considérable et de (leur) agressivité croissante ». Elles s’intéressent plus particulièrement à la mouvance en raison de plusieurs incidents armés récents.

Outre le cas Wolfgang P., un ancien vainqueur du concours de beauté « Monsieur Allemagne », se disant « Reichsbürger », avait ouvert le feu en août 2016 sur les policiers venus l’expulser de sa maison. Il avait été grièvement blessé et arrêté.

Certains responsables politiques ont réclamé un tour de vis.

Ces derniers mois, plusieurs opérations ont été organisées contre des « Reichsbürger », avec à la clé des interpellations et des saisies d’armes. Et en juin, les ministres de l’Intérieur des Etats régionaux allemands ont décidé que l’ensemble des « Reichsbürger » recensés en Allemagne ne devaient posséder aucune arme.

Selon Heiko Homburg, un responsable des services de renseignement du Brandebourg, cité par le quotidien Bild: le cas de « quelques-uns des +Reichsbürger+ relève de la psychiatrie ». « Si en plus ils ont accès aux armes, c’est extrêmement dangereux ».

Par Yannick PASQUET