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Européennes : Facebook ouvre une “war room” contre les « fake news »

Basée à Dublin, cette « war room » luttera contre les tentatives de manipulation lors des élections de mai. Elle s’inspirera de la cellule qui a officié pour les dernières élections aux Etats-Unis et au Brésil.

Article signé  Nicolasl Madelaine, publié sur le site des échos.fr, le 29 01 2019

Comme il l’avait fait pour les élections de mi-mandat (« midterms ») américaines en novembre, Facebook va établir une « war room » destinée à combattre les fausses informations et tentatives de manipulation de l’opinion pour les élections européennes du mois de mai. Celle-ci sera basée à Dublin.

C’est Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre du Royaume-Uni devenu chef de la communication chez Facebook, qui l’a annoncé cette semaine pour sa première sortie publique dans son nouveau rôle. Facebook avait déjà évoqué l’idée ces derniers mois. La pression politique sur le réseau social au sujet des « fake news »  lui commande de faire son possible pour protéger le processus démocratique.

Des « dizaines d’experts »

« Le centre opérationnel aura dans son viseur l’intégrité du processus électoral et sera établi à Dublin au printemps »,  a dit Nick Clegg dans un discours retransmis sur Facebook. Il se basera sur l’expérience de la « war room » dans ses bureaux américains, où étaient coordonnés les efforts pour policer la plate-forme durant les élections de « midterms » puis la présidentielle au Brésil.

Pour offrir une réponse rapide aux problèmes de désinformation identifiés, seront mobilisés « des dizaines d’experts de tous les services de la société, en particulier nos cellules de renseignement contre les menaces, de science de la donnée, d’ingénierie et de gestion des communautés, ainsi que nos équipes juridiques », a poursuivi Nick Clegg.

Ils travailleront avec les élus, les commissions électorales, d’autres sociétés technologiques, des universitaires et des associations ; Facebook, mais aussi  Instagram et WhatsApp, les autres services du groupe, sont concernés, a-t-il poursuivi.

Jusqu’à Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg

C’est dans la foulée des accusations d’ingérence pendant l’élection présidentielle américaine de 2016 que Facebook a décidé de mettre en place cette « war room ». Samidh Chakrabarti, le directeur chez Facebook des questions électorales ou d’engagements civiques,  avait expliqué en octobre à CNN que c’était le point culminant de deux ans d’investissements de la part du groupe dans le combat contre la désinformation. Si un problème « particulièrement sensible » survient, Facebook a « établi une chaîne de commande remontant jusqu’à Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg », les deux principaux dirigeants du groupe, avait-il précisé.

Nick Clegg a expliqué que Facebook avait désormais 30.000 modérateurs de par le monde. Toute la difficulté est de bien définir ce qu’est une « fake news » et de déterminer si elle perturbe le jeu démocratique dans un contexte d’agilité technologique accrue de la part des auteurs de manipulations.

L’EUROPE SOMME LES GÉANTS DU NET D’EN FAIRE PLUS

La Commission européenne a exhorté mardi Facebook, Google et Twitter à « intensifier leurs efforts » contre la désinformation en ligne à l’approche des élections européennes de mai 2019, agitant la menace de mesures contraignantes en cas de résultats insuffisants. « Nous devons aller plus loin et plus vite avant mai », a assuré le commissaire européen Julian King, en charge des questions de sécurité, en présentant un premier bilan d’un « Code de conduite » non contraignant, signé en 2018 par ces plateformes internet. «Certains progrès ont été réalisés, notamment en ce qui concerne la suppression des faux comptes et la limitation de la visibilité des sites qui promeuvent la désinformation », a reconnu l’exécutif européen. Mais « des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir la transparence totale des publicités politiques d’ici le début de la campagne pour les élections européennes dans tous les Etats membres de l’Union », a-t-il ajouté. (Source AFP)

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