Alain Finkielkraut invite l’idéologue du grand remplacement, Renaud Camus, sur France culture

Paranoïa et refus des vérités scientifiques

Alain Finkielkraut s’étant enfin auto-persuadé qu’il n’a pu persuader qui que ce soit, l’horreur radiographique peut enfin débuter. Il ne faudra à Renaud Camus que quelques minutes pour balancer sa première ineptie. À 6 minutes et 54 secondes exactement, on l’entend dire : “Je crois que l’Europe est plus profondément colonisée qu’elle n’a jamais colonisé l’Afrique. D’une façon beaucoup plus profonde pour rendre hommage à mon vis à vis, elle est essentielle parce qu’elle est démographique”. On voit ici l’expression d’un fantasme, de la folie même. Comment peut-on croire de quelque manière que ce soit que l’Europe soit aujourd’hui colonisée ?! On est choqué, abasourdi, ébahi lorsqu’on entend cette phrase, et on s’attend à ce que celui qui fait office de présentateur le soit tout autant. Il n’en n’est rien. Alain Finkielkraut y répondra par un simple “Très bien, donc je pense que nous avons compris”. Ah bon ? C’est tout ? Rien d’autre à ajouter M. Finkielkraut, vous qui avez pourtant l’habitude de vous agacer ou pire lorsque certains éructent des immondices, des bêtises.

Voilà qu’Alain Finkielkraut passe ensuite la parole à Hervé Le Bras, démographe et historien, qui cite alors un extrait du livre de Renaud Camus : “Les vieillards sont français de souche, mais les nourrissons sont arabes et noirs, et volontiers musulmans”. À cet extrait des plus fous, irrationnels, en dehors de toute réalité et qui porte surtout en lui un racisme qui n’a même plus besoin d’être expliqué tellement il est visible, Hervé Le Bras y opposera une réalité démographique, une réalité objectivement vérifiable, scientifique à des années lumières de la réalité fantasmée de Renaud Camus. Hervé Le Bras qui base sa riposte intellectuelle sur des chiffres, ceux de l’INSEE montre que ce que dit son interlocuteur d’extrême droite est faux, que ce qu’il appelle “Grand Remplacement” n’est rien d’autre que la mixité. À cette vérité scientifique, Renaud Camus dans sa plus grande démagogie y répondra en disant: “J’aurais tendance à élargir le débat si je puis dire, et à contester la notion de chiffre”. Après 10 minutes d’écoute, le fantasme montre enfin son vrai visage. “Je suis en accord très profond avec le philosophe Olivier Rey qui souligne l’incapacité du chiffre à rendre compte du monde”. Voilà comment le fantasme assume son exclusion des faits et devient tout puissant, car le fou, ayant nié toute vérité scientifique, peut s’inventer sa propre réalité ou se noyer dans ce qu’il a toujours considéré comme vrai. “Ce n’est pas en vous promenant dans la rue que vous pouvez avoir l’idée de ce qui se passe dans 550 000 kilomètres carré et pour 65 millions d’habitants. Vous n’avez aucun moyen de le savoir, tous les biais sont là, c’est l’histoire de l’homme qui arrive en Angleterre qui voit une Anglaise rousse et qui dit à sa femme au téléphone toutes les Anglaises sont rousses. Les statistiques sont très utiles quand on veut avoir l’idée de la situation d’un grand pays […]”, répondra Hervé Le Bras.