Prévention de la radicalisation : regards sur les expériences internationales

La tragi-comédie est alors une source évidente et naturelle de cohésion sociale. C’est ce même principe qui est illustré par la troupe de théâtre belge qui monte la pièce Djihad d’Ismaël Saidi, ou par l’action collective d’artistes au soir des attentats.

Isamël Saidi, metteur en scène et acteur de la pièce « Djihad ». Djihad

Moins intellectuelle, mais relativement spontanée et rapidement virale, la réaction à la fois comique et engagée de certains jeunes offre elle aussi un contre-discours avec des vidéos telles que « Marseille répond à Daech » ou « Un africain s’adresse aux terroristes ».

L’ensemble des arts peut alors devenir des leviers de paix. Prendre la parole est un moyen de « dire et se dire » comme dans les ateliers « l’art de s’exprimer » mis en place au Québec par le Centre de Prévention de la radicalisation menant à la violence. Le pays renforce d’ailleurs l’engagement des jeunes tout comme le Canada qui propose une éducation à la citoyenneté à la lutte contre les discours xénophobes et racistes.

Prévenir la radicalisation commence très tôt au sein de la famille, du quartier, de l’institution scolaire et des différentes organisations régissant la vie du jeune. La France, afin de renforcer les bonnes pratiques face à l’extrémisme, doit s’inspirer des très riches formes d’actions existant dans d’autres sociétés également menacées par le terrorisme.

Article publié sur The Conversation, le 26/02/2017. Ecrit par Professeur des Universités, Université Toulouse – Jean Jaurès. Séraphin Alava a reçu des financements de l’UNESCO pour une recherche portant sur les effets des médias sociaux sur la radicalisation. Il est chef de file du projet européen H2020 PRACTICIES (Partnership against violent radicalisation in the cities)