Prévention de la radicalisation : regards sur les expériences internationales

L’organisation Maks belge présente des contre-discours réalisés par et pour les jeunes. Maks

L’idée s’inscrit dans une série d’initiatives prises en Belgique. Le gouvernement pousse pour une éducation numérique où les jeunes eux-mêmes s’engagent dans la production de contre-discours, d’animation de forum d’échanges et de médiation de jeunes à jeunes. C’est aussi le choix de Rose-Marie Farinella, enseignante à l’école primaire de Taninges, en Rhône-Alpes, et qui travaille inlassablement avec ses élèves de CM2 pour produire des ressources numériques de jeunes pour les jeunes afin de prévenir la radicalisation en agissant collectivement pour partager leurs savoirs.

Donner la parole pour se sentir citoyen, agir avec les médias pour comprendre l’information et résister à l’embrigadement complotiste : telles sont aussi les approches de plusieurs organismes en France.

Produire un contre-discours

La prévention de la violence et de la radicalisation passe aussi par la pensée. Le processus de radicalisation est avant tout conversationnel. Partant des préoccupations des jeunes, il va avancer vers des idées radicales et de rupture. L’interprétation d’évènements, les prises de position politiques ou sociales sont présentés sous un angle fermé empêchant le débat. De plus, les digitales natives sont bien souvent des digitals naïfs incapables de distinguer les informations objectives issues de sites officiels, d’articles scientifiques et les informations issues de sites conspirationnistes ou suprémacistes. C’est un handicap qui facilite l’embrigadement. De nombreuses expériences ont donc choisi de produire des discours alternatifs pour contrer les idées terroristes.

Cinq jours après les attentats de Paris, le Nahdlatul Ulama, la plus importante organisation musulmane de masse d’Indonésie, a mis en ligne une vidéo, intitulée : « Rahmat Islam Nusantara » sous-titrée en arabe et en anglais. Ce film de 90 minutes entend contrer point par point la lecture faite par Daech du Coran et des hadith.

L’organisation Rahmat Islam Nusantara veut contrer la vision terroriste qu’offre Daech de l’Islam.

Suivant le même objectif, l’Université de Vienne a construit le programme, « Vienna Observatory for Applied Research on Radicalism and Extremism », Vortex) ayant pour vocation de « produire des éléments de narration visant à contrecarrer l’idéologie radicale et à les diffuser dans le monde ». Le projet se compose d’une part d’une analyse des stratégies et des discours en ligne djihadistes et d’autre part du développement de discours experts (religieux ; politiques, journalistiques alternatifs.

Au Maroc, la campagne nationale « Non au discours de la haine » a été lancée en juin dernier. En Inde également, plusieurs programmes ont été mis en place face à la recrudescence d’attaques sur le sous-continent.

Agir ensemble : prévenir l’exclusion et le communautarisme

Agir en commun dans un esprit fraternel est au coeur des actions de prévention posant comme socle de la paix le respect des autres. Lancée en 2007 à Aarhus (Danemark), l’expérience danoise de prévention de la radicalisation s’appuie sur la mise en relation des jeunes avec des « mentors ». Ces jeunes adultes sont des travailleurs sociaux qui dialoguent avec les jeunes et leur permettent d’agir ensemble pour « réhumaniser » leurs actions.