Prévention de la radicalisation : regards sur les expériences internationales

Au Royaume-Uni, le projet Mosaic fondé par le Prince de Galles, propose de lutter contre la violence et l’exclusion en favorisant la reconnaissance des talents des jeunes et des femmes issus des communautés défavorisées.

Faire témoigner les victimes, mettre en contact les jeunes en voie de radicalisation et des victimes est aussi une voie active de prévention. L’Association italienne des victimes du terrorisme (AIVITER) a mis sur pied le projet C4C « Une contre-narration pour contrer le terrorisme ». Ce projet, soutenu par la Commission européenne, a pour objectif de diffuser à travers des plateformes du Web, les paroles des survivants des actes du terrorisme afin que ces paroles contrent les discours radicaux des adeptes du terrorisme avec un impact fort sur les jeunes en voie de radicalisation.

L’association belge «Save Belgium» agit auprès des parents contre les dérives sectaires et radicales.

Cette volonté de ne pas opposer victime et jeunesse radicalisée est aussi au coeur de l’action de l’association belge Savebelgium présidée par Saliha Ben Ali, mère d’un jeune parti en Syrie et qui multiplie les actions pédagogiques au sein des quartiers pour témoigner et agir contre les dérives sectaires et radicales.

Enfin, la ville de Düsseldorf (Allemagne) agit dans la même volonté de construire du lien social et de renforcer les contacts avec le cycle de formation « Les imams, des ambassadeurs de la démocratie » proposant de mobiliser l’ensemble des citoyens pour prévenir la violence et la radicalisation.

L’art, le rire et la culture au coeur de la prévention

Le rejet du « droit à rire » a été au coeur des actions terroristes en Europe. C’est ce même droit qui est aussi au coeur des actions de prévention où la culture et l’art sont les ciments d’un dialogue et d’un vivre ensemble. Au Burkina Faso, une des sources de prévention des conflits s’appuie sur une expérience originale « la parenté à plaisanterie ». Il s’agita alors de proposer une dispute autour de la question l’engagement djihadiste ou les opinions de chacun s’expose et/ou le groupe pousse la caricature pour convaincre.

La parenté à plaisanterie : au-delà de la pièce de théâtre, un exutoire des conflits sociaux. Unesco/Tahirou MAYAKI dit Atto

Cette pratique ancienne et commune à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Dans un groupe donné, deux parties s’insultent abondamment tout en comprenant qu’elles sont fortement liées et responsables du bien-être l’une de l’autre. À travers ces insultes verbales publiques à faible enjeu, se dénouent des problèmes et se renforce le traitement non violent des conflits. L’exemple de la Côte d’Ivoire est criant : la prévention met l’accent sur l’éducation interculturelle à travers le renforcement des liens affectifs, ethniques, sociaux utilisant la création et l’art