Militer seins nus, de l’« exhibition sexuelle » ?

Une militante Femen s’exprime sur la comparution de quatre de ses camarades, mercredi 31 mai 2017, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Une militante Femen s’exprime sur la comparution de quatre de ses camarades, mercredi 31 mai 2017, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Les Femen, déjà condamnées et relaxées dans des affaires d’ « exhibition sexuelle »…

Déjà en 2014, la question se posait pour le cas d’Eloïse Bouton, ex-Femen, condamnée pour « exhibition sexuelle » suite à une action le 20 décembre 2013, dans l’église de La Madeleine, à Paris. La jeune femme y simule un avortement, la poitrine dénudée, où l’on pouvait lire «344e salope», en référence au manifeste des 343, paru en 1971 dans le Nouvel Obs. Depuis d’autres membres du mouvement ont été jugés, notamment pour l’action à Notre-Dame (en février2013, ndlr), mais l’« exhibition sexuelle » n’a pas été retenue. Dans un article de Libération datant de 2014, Maître Michaël Ghnassia, alors l’avocat d’Eloïse Bouton déclarait : «La seule explication serait que la justice avait d’autres faits, de dégradation en l’occurrence, à leur reprocher».

Hier matin, les Femen étaient soutenus par d’autres associations (comme MLF ou 52), majoritairement des femmes mais aussi des hommes, qui ne militent pas de la même façon, de tous âges. « D’ailleurs, certaines des filles topless ce matin ne sont pas des Femen non plus », remarque Léa.

Des jeunes femmes, Femen ou pas, protestent contre la comparution de quatre membres des Femen pour « exhibition sexuelle », mercredi 31mai, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Des jeunes femmes, Femen ou pas, protestent contre la comparution de quatre membres des Femen pour « exhibition sexuelle », mercredi 31mai, à Paris. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Un monde trop sexualisé ?

Membre du collectif 52 et non Femen, elle aussi se trouvait au rassemblement. Quelques plus tard par téléphone, elle revient sur cette affaire : « ça me fait même rire d’entendre « exhibition sexuelle » quand je pense que ce sont des filles qui ont enlevé leur t-shirt en public ! Rien que ça, c’est complètement aberrant parce ce sont des militantes, avec des messages politiques clairs. Je ne vois pas en quoi c’est sexuel […] Ça me parait juste ridicule. »

Pour la jeune femme, cette affaire n’aurait jamais eu lieu pour un homme. Elle dénonce d’ailleurs un puritanisme total en France. « De plus en plus, le corps des femmes est caché, que ce soit par le biais de la religieux, ou même à la plage. Quand on était petits, nos mères faisaient constamment du topless à la plage, aujourd’hui on est quatre à le faire. Le corps de la femme, ses seins, c’est très sexualisé. Sur Facebook, les seins ou même l’Origine de monde sont cachés. »