Le menu raviolis imposé aux enfants des parents mauvais-payeurs fait polémique

La mairie de La Teste-de-Buch a mis en place, depuis la rentrée, un menu spécial pour les écoliers dont les parents ne paient pas la cantine. Une initiative jugée «honteuse» et «discriminante» par les associations de parents d’élèves et certains élus.

«C’est immoral!», lance Stéphanie Anfray, présidente départementale de la Fédération des conseils de parents d’élèves de Gironde (FCPEG). Depuis quelques jours, l’initiative de la ville de Teste-de-Buch fait couler beaucoup d’encre. La raison? La nouvelle mesure mise en place en septembre dernier par la mairie qui contraint les enfants dont les parents n’ont pas réglé la cantine à manger un menu de «substitution», principalement composé de raviolis en boite.

Comme le rapporte La Dépêche du Bassin, l’affaire a éclaté après que plusieurs mères de famille ont témoigné de leurs mésaventures sur les réseaux sociaux. L’une d’elle explique que son enfant a eu «deux repas de raviolis le midi deux jours de suite en septembre 2016» car elle ne s’était pas acquittée de la dernière note de cantine. Une autre confie que le fils de son conjoint a mangé de ce plat pendant près de trois semaines. «Je suis bien consciente qu’il y avait eu des retards de paiement car nous avions connu certaines difficultés durant quelques mois», concède-t-elle dans les colonnes du journal local. Néanmoins, elle condamne le procédé et estime qu’il y a «d’autres solutions plutôt que d’impliquer les enfants dans des problèmes d’adultes».

«Seulement cinq enfants sont concernés»

Sur Twitter, de nombreux internautes pointent du doigt l’initiative «choquante» de la mairie de Teste-de-Buch.

 

Face à la polémique, Jean-Bernard Bielher, maire-adjoint en charge de l’éducation explique que cette mesure n’est pas fréquente. Elle n’aurait concerné, depuis la rentrée, que cinq enfants sur les 1355 scolarisés en maternelle et élémentaire. «C’est une mesure qui intervient après de nombreuses relances par courrier. Nous prenons même contact avec la famille en nous rendant dans les écoles, ou parfois même sur le lieu de travail d’un des parents, mais la plupart font la sourde oreille», se défend-il. Pourtant, la procédure est simple. Comme le rappelle l’élu de droite (Les Républicains), les parents doivent faire un dossier en début d’année pour que leur enfant soit demi-pensionnaire. Puis, chaque jour, ils sont libres de l’inscrire à la cantine. Cette inscription nous donne une idée des effectifs et des repas à commander à la société gestionnaire Sogeres. «Si les parents sont négligents, cela fausse le nombre de repas», affirme Jean-Bernard Bielher qui ajoute que «la méthode est certes déplorable mais nécessaire».
«Jusqu’à la rentrée dernière, le montant des impayés s’élevait à 20.000 euros. Depuis mars 2017, la somme a été ramenée à 13.000 euros. Preuve que ça marche», insiste le maire adjoint interrogée par le journal Sud Ouest. Contacté par Le Figaro, la mairie – qui a publié hier soir un communiqué sur sa page Facebook – n’a pas souhaité nous donner plus d’explications sur ces chiffres. Pour Stéphanie Anfray, de la FCPE, ils semblent exhorbitants. «Le premier témoignage date de septembre mais cette pratique n’est pas nouvelle et concerne des dizaines de familles. Une inscription coûte entre 0,98€ à 3€50. Si l’enfant mange à la cantine, vingt jours par mois, cela correspond à une dette d’environ 40€. Même si les parents des cinq enfants ne payaient pas depuis un an la cantine – ce qui n’est absolument pas le cas car il ne s’agit que d’un mois ou deux – cela reviendrait à 2400 euros. On serait encore loin du compte», explique-t-elle.
Un premier cas en 2011