Selon cette enquête, le racisme serait endémique chez les gays

Malgré les appels à l’ouverture et à la tolérance des LGBT à leur encontre, il semblerait que le discours change lorsqu’il s’agit de l’appliquer aux personnes d’origines étrangères et de toutes les couleurs de peau.

Un rainbow qui a dû mal à intégrer toutes les couleurs

Dans une société multiculturelle assumée comme l’Angleterre, toutes les personnes se définissant comme « arabe » disent avoir été victimes de racisme au sein de la communauté LGBT. Dans cette enquête menée par le magazine en ligne The Fact Site (spécialisé sur la santé des hommes gays) auprès de 850 hommes gays, 7 Noirs sur 10 font le même constat, comme 86% des personnes originaires d’Asie du Sud (Inde et alentours), 81% des personnes originaires d’Asie du Sud Est (Thaïlande / Indonésie) et d’Asie de l’Est (Chine / Japon / Corée), quand 78% des hommes gays métis disent déjà avoir connu le même problème. Les latinos sont aussi 30% à l’affirmer.

Pendant ce temps-là, et c’est le plus improbable dans cette histoire : 49% des hommes gays blancs pensent que le racisme n’est pas un problème…

Dans son édito au Fact Site, le journaliste Stuart Haggas compare le fait d’appartenir à une communauté à un film d’horreur :

Quand on pense qu’une menace est passée, un serial killer barjo déboule de nulle part et menace de te vider de ton sang. Dernièrement, j’ai l’impression que la communauté LGBT vit de nouveau avec un couteau sous la gorge, non seulement en Russie ou en Egypte, mais aussi beaucoup plus près de la maison.

Dans l’enquête, Kane de Birmingham qualifie les personnes non-blanches de “citoyens de seconde classe” dans la communauté qui s’est elle-même longtemps qualifiée ainsi.  Il déclarait ainsi au magazine Fact Site, dans sa dernière édition :

La communauté LGBT traditionnelle passe son temps à dire au monde entier d’arrêter l’oppression, l’homophobie et les préjugés, mais néglige ses propres préjugés sur les personnes LGBT non-blanches, qu’elle traite comme des citoyens de deuxième classe et le plus souvent, les ignore…

…ou les caricature, serions-nous tentés de rappeler. Comme forcément plus séropositifs, forcément étrangers, forcément pas sérieux, ou alors totalement objectifiés, sexualisés, exotisés… Ce n’est certes pas nouveau, mais le problème est surtout que cela ne semble pas s’améliorer.

Peu de choses ont été faites pour lutter contre les racismes dans la communauté LGBT, personne ne semble y trouver un sujet. Pourtant, sur les applis (qui voient régulièrement défiler les mentions « no black », « no asian »…), à la porte des clubs gays et même à l’intérieur, le problème existe comme partout ailleurs.