Le créationnisme, une théorie comme une autre ?

La théorie de l’évolution retirée des programmes scolaires en Turquie, un projet de loi pour enseigner le créationnisme dans les lycées américains en cours d’étude… Les croyances religieuses ont l’air de prendre le pas sur une théorie scientifique qui a pourtant fait ses preuves.

Qu’est-ce que la théorie de l’évolution ?

Charles Darwin (1809-1882), un naturaliste anglais, s’appuie sur les travaux d’autres scientifiques et sur ses propres observations pour établir la théorie de l’évolution dans son livre De l’origine des espèces, paru en 1859. Il y émet plusieurs hypothèses : les espèces évoluent au cours du temps grâce au mécanisme de la sélection naturelle. Des mutations surviennent « à l’aveugle » parmi les individus d’une espèce. Si elles apportent un avantage aux individus pour survivre et se reproduire, ces mutations se transmettent de génération en génération. Cette théorie s’est consolidée avec la découverte de l’ADN, mais aussi grâce à la géologie, à la paléontologie, à la biologie moléculaire… L’homme, comme toutes les autres espèces, est le fruit de l’évolution.

 Qu’est-ce que le créationnisme ?

Il s’agit d’un courant de pensée que l’on retrouve dans les religions chrétiennes, juive ou musulmane : Dieu aurait créé l’univers, la Terre et les hommes et toutes les espèces présentes sur la planète. Ces dernières n’évolueraient donc pas. Ces croyances se basent sur les récits que l’on retrouve par exemple dans la Bible. Le créationnisme n’a aucun fondement scientifique. Néanmoins, ces idées font des adeptes dans le monde entier. En 2016, un sondage a révélé que 38 % des Américains ne croyaient pas à la théorie de l’évolution, mais à la création de la Terre telle qu’elle est décrite dans la Bible… Ces idées sont popularisées avec, par exemple, le « dessein intelligent » (ou intelligent design), une théorie apparue aux États-Unis dans les années 1990 qui habille les idées créationnistes d’arguments pseudo-scientifiques. Selon elle, l’homme et les autres espèces, trop complexes pour être l’œuvre d’un phénomène naturel, auraient été créés par une intelligence supérieure. Le but de ces arguments est de faire accepter plus facilement les thèses créationnistes, y compris dans les écoles. Le risque de transformer l’enseignement des sciences en enseignement théologique est donc réel, aux États-Unis mais aussi ailleurs dans le monde.

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