L’université d’Al Azhar veut criminaliser la violence perpétrée au nom de l’islam

Les théologiens de l’université d’Al Azhar, en Egypte, voudraient faire adopter une loi criminalisant la violence perpétrée au nom de la religion musulmane. Une loi pour interdire les discours de haine contre les croyances religieuses. Cette importante initiative intervient bien sûr dans le contexte tragique des attentats perpétrés en Egypte, en particulier contre la minorité copte du pays, ces derniers mois.

L’affaire du prédicateur takfiriste

L’initiative de l’imam El Tayeb vient aussi répondre à une polémique qui a, ces derniers mois, sérieusement porté atteinte à l’université d’Al Azhar.

En effet, l’un de ses étudiants, Salim Abdul Jalil, devenu prédicateur et fonctionnaire au ministère des wakfs (dons perpétuels), avait début mai 2017 lancé sur un plateau de télévision une accusation d’apostat à l’encontre des chrétiens et des juifs, les exhortant à « à se convertir à l’islam avant de mourir s’ils veulent éviter la punition divine réservée aux infidèles après leur vie terrestre ».

Cette pratique d’excommunication, hélas courante dans les pays musulmans, est appelée le takfir (voir notre article sur le takfir ici).

Depuis, le prédicateur a été interdit de prêche et la télévision a présenté ses excuses aux « frères chrétiens », mais cette sinistre polémique a laissé des traces.

Les autorités de l’université d’Al Azhar, éclaboussées par l’affaire, ont tenu à réagir. Ce projet de loi visant à interdire les discours de haine au nom de l’islam constitue leur première réponse. Pourvu maintenant que le projet soit voté au Parlement… et que la loi s’applique.

Publié sur Oui Mais Non le 08/07/2017