Des élèves américains se moquent d’anciens combattants autochtones

Un diocèse du Kentucky a présenté samedi ses excuses après la diffusion de vidéos montrant des élèves d’une école secondaire catholique se moquant d’anciens combattants autochtones devant le mémorial de Lincoln après un rassemblement à Washington.

article publié sur le sire de ici.radio-canada.cr le 20 01 2019 

La Marche des peuples autochtones à Washington qui s’est déroulée vendredi a coïncidé avec une manifestation contre l’avortement à laquelle a participé un groupe de l’école Covington de Park Hills, une petite municipalité du Kentucky.

Les vidéos qui circulent en ligne montrent un jeune homme qui s’est approché très près de Nathan Phillips, un Autochtone âgé de 64 ans qui chante et joue du tambour.

D’autres élèves, certains portant des vêtements aux couleurs de l’école et plusieurs des casquettes ou des chandails sur lesquels était inscrit le slogan de Donald Trump « Make America Great Again », les ont entourés tout en chantant, en rigolant et en se moquant.

Dans une déclaration commune, le diocèse catholique de Covington et l’école secondaire catholique de Covington ont présenté leurs excuses à M. Phillips. Les responsables ont déclaré qu’une enquête était en cours. Ils ont annoncé que des « mesures appropriées, pouvant aller jusqu’à l’expulsion », pourraient être prises.

« Nous présentons nos plus sincères excuses à M. Phillips, lit-on dans la déclaration. Ce comportement est opposé aux enseignements de l’Église sur la dignité et le respect de la personne humaine. »

« Nous ne sommes pas censés avoir de murs »

Selon le site Internet Indian Country Today, M. Phillips, un ancien de la nation Omaha qui a combattu au Vietnam, organise annuellement une cérémonie dédiée à la mémoire des anciens combattants autochtones qui reposent au cimetière national d’Arlington.

« J’étais en train de chanter quand je les ai entendus scander : “Construis ce mur, construis ce mur” », a déclaré M. Phillips, essuyant ses larmes dans une vidéo publiée sur Instagram.

« Ce sont des terres autochtones. Nous ne sommes pas censés avoir de murs ici. Nous n’en avons jamais construit », a-t-il ajouté.

Il a confié au Washington Post que, tout en jouant du tambour, il pensait à sa femme, Shoshana, décédée d’un cancer de la moelle osseuse il y a près de quatre ans, et aux menaces auxquelles les communautés autochtones du monde font face.

Ruth Buffalo, représentante de l’État du Dakota du Nord et membre des nations Mandan, Hidatsa et Arikara, s’est dite attristée de voir des étudiants manquer de respect à un ancien militaire américain qui participait à ce qui était censé être une célébration de toutes les cultures.

« Le comportement montré dans cette vidéo est juste un aperçu de ce qu’affrontent les peuples autochtones et continuent d’affronter », a déploré Mme Buffalo.

Elle espère qu’une rencontre sera organisée avec ces élèves afin de les sensibiliser aux problèmes auxquels se heurtent les Autochtones.