Dans les Yvelines, un banc de l’amitié pour lutter contre l’isolement à l’école

Repeint en vert pomme, l’un des bancs de la cour de récréation s’est transformé pendant les vacances de Noël. À Plaisir, la mairie a décidé de créer ainsi un « banc de l’amitié » dans chacune des 27 écoles élémentaires de la commune. Les enfants qui se retrouvent seuls durant la récréation peuvent s’y asseoir pour montrer aux autres qu’ils cherchent des amis. 

article par Thibaud Chereau publié sur le site leparisien.fr, le 19 01 2020

Un repère pour les enseignants
Nommée « Buddy bench », l’initiative est née aux Etats-Unis il y a une dizaine d’années. Des élèves ont eu l’idée de décorer un banc de leur établissement pour créer un lieu contre l’isolement, et même le harcèlement que pouvaient subir certains de leurs camarades. Depuis, le concept s’est développé jusqu’à arriver en France (lire ci-dessous). « Ces bancs existaient déjà dans des écoles privées, explique Joséphine Kollmannsberger, maire (LR). Il n’y a pas plus de harcèlement à Plaisir qu’ailleurs, un banc de l’amitié est avant tout un équipement préventif. » Le coût de l’opération est quasi-nul, il n’a fallu que quelques coups de pinceaux pour repeindre le tout.

Loin d’être un gadget selon l’élue, ces équipements doivent permettre de réduire l’ingérence des adultes dans les relations entre les enfants. Ils doivent surtout servir de repère aux enseignants pour identifier les élèves isolés.

Développer l’empathie
A l’école Louis-Pergaud, située dans le quartier de la Mare-des-Saules, les 106 élèves semblent avoir rapidement adopté ce nouvel équipement décoré de mains peintes de toutes les couleurs. « C’est pour ceux qui n’ont pas de copains, résument Louisa et Imane, 9 ans. Quand on voit quelqu’un dessus on décide si on veut jouer avec lui ou pas. »

Avant l’installation du banc dans la cour, la mairie a organisé une réunion avec les directeurs des écoles pour leur expliquer la démarche. Les enseignants ont ensuite expliqué le concept à leurs élèves. « Il permet d’envoyer un message clair aux autres, indique Alexandra Wacogne, la directrice de l’école. Extérioriser ce qu’ils ressentent permet aux enfants d’éviter de le faire par d’autres moyens et travaille l’empathie des autres. »

C’est ce qui s’est passé pour Morgane et Leslie, 9 ans toutes les deux. « Je me suis assise ici après m’être fâchée avec mes copines », explique la première. « Je l’ai vue toute seule, je lui ai proposé de jouer avec elle, ajoute la seconde. Depuis on est amies et on passe tout notre temps ensemble. » Pour certains, le banc ne fait pas de miracle. « J’y suis allé quatre fois mais je n’ai toujours pas trouvé d’ami », souffle Evan, 7 ans, d’un air résigné.