7 raisons d’enfin se rendre à la Fête des Voisins

Les gâteaux apéros mous et le soda éventé ne vous font pas rêver ? Moi non plus. Mais ce vendredi 19 mai, nous serons tous de la partie.

Voilà bientôt 20 ans, l’idée naquit dans le cerveau d’un dénommé Atanase Périfan. 1999. A notre connaissance, c’était la première fois qu’un contemporain répondait au prénom d’Atanase, qui évoque au choix l’insulte ou quelque maladie. Est-ce là ce qui poussa notre homme à vouloir marquer de son empreinte la déjà longue histoire de l’humanisme sirupeux ? Egalement appelée “Immeubles en Fête”, sponsorisée par les plus hautes institutions, cette maléfique célébration du “vivre ensemble” n’a depuis cessé de s’étendre.

Avec votre serviteur, vous étiez encore quelques-uns qui vaillamment résistiez à l’appel des merguez (carbonisées), des quiches lorraines trop sèches, des tartes aux abricots défraichis. Comme la musique qui marche au pas chez Brassens, le gobelet de mousseux ne vous regardait pas.

Mais cette année, de gré ou de force, est venu le temps de baisser la garde. Rendez-vous ! Et rendez-vous Y ! La fête des Voisins, elle passe aussi par toi !

Fête des voisins

C’est l’antienne de cette fin de printemps, qui nous fera probablement l’été. ÇA VA MIEUX ! Il y a toujours six millions de chômeurs dans ce beau pays, mais en mars on en comptait 60 000 de moins, et donc ÇA VA MIEUX (lire aussi “7 indices qui montrent que, finalement, ça va vraiment mieux”). Manifs tous les jours, flics voués aux gémonies alors qu’on les vénérait hier, confusion extrême dans trois cerveaux sur quatre… Mais ÇA VA MIEUX ! Et rien ne saura MIEUX vous le confirmer qu’un pâle rosé de provenance incertaine, insuffisamment rafraîchi, acheté à l’hyper discount du quartier, servi dans un gobelet plastique. Éclusez-en trois ou quatre godets, et Hollande finit par avoir raison : quand on arrête, effectivement… CA VA MIEUX !

2. Parce que Muray est mort et le Festivisme a gagné

Fête des voisins 2

Vingt années durant, le génial écrivain Philippe Muray conceptualisa pour une poignée de lecteurs l’avènement d’Homo Festivus, révolution anthropologique majeure, marquée du sceau de la Fête permanente et obligatoire. Fête non plus comme moment de partage entre amis choisis, entre êtres civilisés partageant une passion commune. Mais Fête comme ordre moral imposé, Fête comme structure de surveillance et d’asservissement des esprits, à l’heure de la mondialisation et de la domination correcte. Intarissable sur ce sujet de la Fête comme oppression, Muray ironisait, ricanait… Mais Muray est mort, et Luchini a cessé de faire vivre ses textes sur scène.

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