Après une «chasse» aux étrangers à Chemnitz, l’extrême droite descend dans la rue

ALLEMAGNE Le rassemblement organisé par Pegida exigeait que le gouvernement garantisse « la sécurité de ses citoyens » après le meurtre d’un Allemand vraisemblablement commis par deux jeunes étrangers.

Avec des pancartes « Merkel doit partir », « Arrêter le flot de demandeurs d’asile » ou « Défendre l’Europe ! », des milliers de sympathisants d’extrême droite se sont rassemblés lundi soir à Chemnitz sous haute tension, au lendemain d’une « chasse collective » aux immigrés dans cette ville de l’ex-RDA, dénoncée avec véhémence par la chancelière allemande Angela Merkel.

Thomas Wieder

@ThomasWieder

Atmosphère très tendue à (Saxe) ce soir après un meurtre pour lequel deux étrangers sont suspectés. L’extrême droite d’un côté, des contre-manifestants de l’autre, des centaines de policiers mobilisés…

La police a refusé de fournir une estimation du nombre de manifestants mais les télévisions sur place ont parlé d’au moins 2.000 personnes. La police de Saxe a fait état « de quelques personnes blessées » à la suite de « jets d’articles pyrotechniques et autres objets », de personnes au visage dissimulé et d’autres faisant le salut hitlérien. Mais elle a assuré que la situation était « sous contrôle ».

Thomas Wieder

@ThomasWieder

Dans cette cité de Saxe, région où l’extrême droite et les néo-nazis sont fortement implantés, les protestataires se sont retrouvés devant un immense buste de Karl-Marx – Chemniz fut rebaptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste – et sous une forte escorte policière après de violents incidents dimanche. Les forces de l’ordre, déployées en masse avec notamment des canons à eau, ont maintenu à distance un cortège de l’extrême gauche qui tentait de s’approcher du rassemblement d’extrême droite.

« Chasses collectives » contre des étrangers dans les rues

Mot d’ordre de ce rassemblement organisé par le mouvement Pegida : exiger que le gouvernement allemand garantisse « la sécurité de ses citoyens » après le meurtre d’un Allemand de 35 ans vraisemblablement commis par deux jeunes étrangers, un Syrien et un Irakien.

Quelque 800 personnes, dont une cinquantaine prêtes à en découdre avec la police, s’étaient rassemblées dimanche à la suite d’appels en ce sens sur les réseaux sociaux, selon Sonja Penzel, qui dirige la police de la ville. Ces sympathisants d’extrême droite avaient « attaqué à coups de jets de bouteilles et de pierres » des policiers qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes, selon la responsable. Ils avaient également lancé dans les rues des « chasses collectives » contre des étrangers que la chancelière a dénoncées promptement et avec véhémence.