Sénatoriales : pour l’émergence de la parole politique des quartiers populaires !

Le 24 septembre 2017 auront lieu les élections sénatoriales : 170 des 348 sièges seront à renouveler dans les départements dont le numéro est compris entre 37 (Indre-et-Loire) et 66 (Pyrénées-Orientales). Les sénateurs d’Ile-de-France, d’Outre-mer et la moitié des représentants des Français de l’étranger sont aussi concernés. Dans cette tribune, élus et habitants des quartiers interpellent pour enfin voir leur parole et leurs visages entrer au Sénat.

Le nombre de sièges à pourvoir dans cette série 1 s’établit à 170. Seront concernés en métropole, les départements classés dans l’ordre minéralogique de l’Indre-et-Loire aux Pyrénées-Orientales ainsi que les départements d’Île-de-France, et outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et Saint-Pierre-et-Miquelon. 6 sièges de sénateurs représentant les Français établis hors de France seront également renouvelés.

Nous venons de vivre une séquence électorale intensément marquée par l’abstention. Un nouveau président de la République, élu par moins de 50% des inscrits, en marche vers une mise au pas du Parlement et de nouvelles mesures autoritaires et libérales. A cette occasion, beaucoup de nouvelles et nouveaux élu.e.s ont fait leur apparition.

Un véritable renouvellement, un véritable rajeunissement. Enfin presque. Si renouvellement il y a eu, il s’est fait au grand dam des appareils politiques traditionnels certes, mais loin d’une construction politique représentant le peuple, dans sa pluralité.

Nous partons de loin. De trop loin.

L’Assemblée nationale ne compte par exemple qu’une seule salariée représentative des bas salaires : une aide-soignante. Voir des enfants de l’immigration post-coloniale entrer à l’Assemblée en nombre plus élevé qu’à l’accoutumée est encourageant mais largement insuffisant en 2017. Si la “diversité” progresse, il y a néanmoins une absente de taille : une présence et une parole politique des quartiers populaires, dans toutes leurs dimensions.

Chômage, logement, associations, services publics, discriminations structurelles : que ce soit dans les zones urbaines ou dans les zones rurales, un terrible constat en partage, à savoir l’abandon pur et simple par l’Etat. Il y a urgence à prendre à bras le corps les problématiques des quartiers, des campagnes, de parler de nos vies, du réel.

Chaque jour, des habitant.e.s se battent et réfléchissent ensemble pour que ces territoires abandonnés par la République soient enfin respectés, reconnus, valorisés. Combien d’élu.e.s, combien de parlementaires pour poser ces questions ? Pour les imposer et les rendre centrales dans le débat ? Trop peu et pour cause : depuis 40 ans, paternalisme, reproduction des élites, clientélisme, répression et politique libérale sont l’apanage d’un vieux monde politique qui ignore délibérément les chiffres records de l’abstention. Par endroit, celle-ci frôle les 70% tant la défiance vis-à-vis de notre système politique, de son fonctionnement, les engagements électoraux non tenus ont fini par détourner des urnes.