Seine-et-Marne : de la banlieue aux grandes écoles …

Un élève de l’école nationale d’administration, ex-boursier aujourd’hui en stage à la préfecture, a fait la promotion des grandes écoles à l’internat d’excellence de Sourdun.

Article de Pascale de Souza publié sur le site leparisien.fr, le 21 10 2019

« Saisissez les opportunités. Ne vous censurez pas. Soyez vous-mêmes. N’ayez pas peur de l’inconnu. Et faites-vous confiance. »

Ce sont les principaux conseils donnés ce mercredi soir d’octobre par François-Xavier Richard-Rendolet, un élève de l’école nationale d’administration (ENA), à une soixantaine d’étudiants de l’internat d’excellence de Sourdun (Seine-et-Marne).

Cet établissement offre un emploi du temps aménagé et du soutien scolaire à des collégiens et lycéens, dont la moitié vient de quartiers bénéficiant de la politique de la Ville et vit dans un contexte social ou familial compliqué.

Ces élèves « visent l’excellence, sans en avoir forcément les prérequis », les décrit le proviseur adjoint Grégory Bonnin. Ils constituent donc une cible de choix pour l’ENA, qui a lancé une campagne d’information inédite.

« Ces grandes écoles sont accessibles à tous, pour peu qu’on s’y prépare bien »

Elle a demandé à ses élèves de première année de faire la promotion des métiers de la haute fonction publique auprès de jeunes éloignés des grandes agglomérations, souvent réticents à se présenter aux concours sélectifs des grandes écoles.

« L’objectif est de leur montrer que ces écoles sont accessibles à tous, pour peu qu’on s’y prépare bien », présente François-Xavier Richard-Rendolet, actuellement en stage à la préfecture de Seine-et-Marne.

Pour l’ENA, dont la formation est souvent critiquée, il s’agit aussi de répondre au souhait du gouvernement de voir les grandes écoles s’ouvrir davantage aux jeunes issus de milieu modeste. François-Xavier Richard-Rendolet en est d’ailleurs un exemple, lui qui est issu d’une zone d’éducation prioritaire de Nanterre et a été boursier.

Ce jeune trentenaire vient d’entamer… sa onzième année d’études, comme il l’a confié à ses jeunes auditeurs ébahis. Avec un parcours peu commun, entamé par une prépa littéraire et suivie par Sciences-po Bordeaux et un détour par la Marine nationale.

L’ENA ne sort pas que des hommes politiques

Il a donc pu présenter aux élèves de Sourdun plusieurs cursus, leurs avantages et leurs débouchés. « L’intérêt des prépas est d’être généralistes, explique l’étudiant. Il faut les rentabiliser en passant plusieurs concours. Il ne faut pas se décourager. »

Administrateurs, conseillers d’Etat, cadres de la Ville de Paris… L’ENA débouche sur de nombreuses carrières. « Elle ne sert pas à devenir un homme politique, ministre ou président. Depuis 1945, moins de 5 % des élèves ont exercé une fonction politique à un niveau national », sourit l’élève, qui se verrait bien devenir sous-préfet.