Rencontres avec des défenseurs des droits de l’homme à São Paulo

Ce reportage de João Paulo Brito, initialement publié sur le site de Agência Mural, est publié ici en partenariat. 

Article publié sur la page Facebook de l’ONG,  Global Voices en français, le 27 12 2018

João Paulo Alencar, “Todyone”, est un artiste plasticien de 35 ans et organise des “mutirões” (rassemblements populaires de proximité) de graffiti à Guaianases, un quartier de São Paulo. Un peu plus loin, à Lajeado, Keli de Oliveira Rodrigues, 38 ans, dirige un centre d’accueil pour des femmes victimes de violences domestiques. Rodrigo Olegário, 41 ans, est leader d’une communauté qui lutte pour de meilleures conditions de vie dans son quartier à Vila Icaraí, district de Brasilândia. Leandro Mendes dos Santos, quant à lui, le DJ Leo Sheik, 26 ans, a gagné le respect des habitants du Morro da Kibon, à Santo André, une ville de banlieue, grâce à son engagement pour fournir des logements à ceux qui n’en ont jamais eu.

Toutes ces personnes ont en commun le fait de vivre dans les banlieues du “grand São Paulo [fr]” et chacune d’entre elles, à sa façon, consacre sa vie à une cause et à la défense des droits – des droits qui existent déjà et devraient être garantis.

La Déclaration des droits de l’homme se compose de 30 articles qui prônent les droits à la culture et aux loisirs, à la santé et au bien-être, au logement et à la vie, pour qu’il n’y ait plus de violence et de torture.

Et, il y a 20 ans, le 9 décembre 1998, l’Assemblée générale des Nations-Unies adoptait en réunion plénière la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.

Le racisme est un thème récurrent des graffitis de Todyone (Droits de publication et d’utilisation autorisés par l’auteur)

Militant(e) ou défenseur(e) 

Mais, qu’est-ce qui définit un(e) militant(e) ou un(e) défenseur(e) des droits de l’homme ? Ce concept véhicule des stéréotypes, explique Ana Claudia Cortez, 28 ans, diplômée en relations internationales, en sciences sociales, et titulaire d’une maîtrise en droits de l’homme.

En premier lieu, le militantisme est vu comme une façon d’affronter l’État, une tentative de saper le fonctionnement du gouvernement. Selon la spécialiste, au Brésil, les deux termes sont associés aux mouvements de gauche et au mot “idéologie”, considéré comme étroitement lié aux milieux progressistes.