Fait religieux et laïcité: des formateurs bien rodés pour aider les agents publics

Vierge, prière et hurlements

Dans les établissements hospitaliers, soignants et infirmiers sont parmi les plus concernés par des situations litigieuses liées au fait religieux, qui vont du “refus de soins au choix du médecin en fonction du sexe, des menus casher ou halal aux pratiques religieuses en chambre double”, explique Catherine Meyson-Renoux, professeur de droit et formatrice laïcité qui dispensera à partir de mai une formation aux agents de la fonction publique hospitalière.

Elle insiste sur “l’importance de revenir sans cesse au socle juridique” car, souligne-t-elle, “la laïcité est basée sur les principes d’égalité et de liberté et c’est un pilier de la cohésion sociale”.

S’agissant des “cas pratiques” rencontrés dans son parcours, M. Rochet évoque ceux d’un patient musulman “s’étant servi de son drap d’hôpital comme tapis de prière” et d’un patient juif, “qui, hospitalisé mais ne pouvant actionner de boîtier électrique pendant shabbat, hurlait pour appeler les infirmières”.

A l'hôpital, les litiges liés à la religion vont du choix du médecin en fonction du sexe, des menus casher ou halal aux pratiques religieuses en chambre double ( AFP/Archives / MASSOUD HOSSAINI )

A l’hôpital, les litiges liés à la religion vont du choix du médecin en fonction du sexe, des menus casher ou halal aux pratiques religieuses en chambre double ( AFP/Archives / MASSOUD HOSSAINI )

 

Formatrice à la direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Normandie, Laure Jordan-Auboiroux cite le cas d’un homme voulant faire inhumer sa mère le jour de son décès et menaçant les agents des services funéraires de faire un scandale auprès d’un élu. Son binôme, Arnaud Crochard, évoque celui d’un jeune homme refusant de monter à bord d’un vieux gréement en raison d’une statue de la Vierge à bord du voilier.

 

 

 

“Nous sommes tous porteurs de stéréotypes et il est important de les combattre”, dit Jean-Luc Guillemoto, directeur de l’IRA de Nantes, une école de service public.

C’est souvent, dit-il, “en rappelant les définitions du sexisme, du racisme ou de la discrimination qu’on débouche, assez naturellement, sur la laïcité”.

Par AFP le