Lycéens de la Somme : l’écrivain Akli Tadjer à leur rencontre “pour comprendre”

Je ne veux pas les accabler plus que ça” : Akli Tadjer joue la carte de l’apaisement. L’auteur franco-algérien se rend ce vendredi au lycée Pierre Mendès-France, à Péronne dans la Somme, à la rencontre des élèves. Fin septembre, ces derniers ont refusé de lire des extraits de son roman “Le porteur de cartable”, sous prétexte que l’écrivain n’était pas français. ” Je ne veux pas les traiter de petits fachos, ni de petits nazis. Je vais là-bas pour comprendre.”

article signé  et   sur le site de France Inter; le 16 11 2018

Le roman d’Akli Tadjer retrace l’histoire d’une amitié entre le fils d’un combattant du Front de libération nationale (FLN) et un fils de Pieds-Noirs. Omar et Raphaël se retrouvent à la fin de la guerre d’Algérie, et échangent sur la France, l’Algérie et leur avenir.

En Picardie, ça a été une vraie boucherie pendant la guerre et beaucoup de soldats, qu’on appelle des soldats coloniaux, sont morts là-bas, ils avaient un an ou deux de plus qu’eux, rappelle Akli Tadjer. À Péronne, il y en avait 44 qui s’appelaient Messaoud et qui sont morts dans leurs champs de betteraves. _Ne pas prononcer le prénom “Messaoud”, c’est comme si on tuait deux fois ces jeunes soldats morts pour eux._

Le rectorat a pris des mesures

L’Éducation nationale assure avoir fait le nécessaire, et rapidement, auprès des élèves et des professeurs du lycée Pierre Mendès-France. Sur les sept jeunes concernés par les propos racistes, trois ont été lourdement sanctionnés selon le rectorat d’Amiens. Celui qui a refusé de prononcer le nom “Messaoud” a notamment été renvoyé devant le conseil de discipline.

On est vraiment sur une atteinte aux valeurs de la République.’

Jérôme Damblant, inspecteur d’académie et référent “laïcité et enseignement du fait religieux” pour l’académie d’Amiens, se veut rassurant : “_il y a une prise de conscience_, les mots ont dépassé leur pensée. Un élève souhaite même s’excuser auprès de l’écrivain“.  En vue de la rencontre avec Akli Tadjer ce vendredi, les lycéens ont repris le travail et réalisé un questionnaire.