La femme contre le fondamentalisme, credo du peintre Fawzi Brachemi

Mardi, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Un petit monde, friand d’art, se côtoie dans la galerie « Nelly Wandji » à l’occasion du vernissage de Fawzi Brachemi.

Dès l’entrée dans la galerie, des visages de femmes, des femmes, des femmes, qui se dessinent sur les tableaux arborés sur le mur. Les invités viennent de tous les horizons, telles les couleurs de l’arc en ciel. Souriants et joyeux, ils apprécient, pour les uns, et critiquent pour les autres, l’œuvre d’art.

L’artiste est un graphiste, illustrateur et dessinateur de presse. Né à Oran (Algérie), il vit depuis les années 90 en France où il poursuit son métier qui le passionne constamment.

Fawzi s’exprime par ses pinceaux et dans ses toiles. Entre  sa société d’origine et la société française, le peintre nous dévoile une véritable symbiose entre l’art et son milieu.

L’auteur confie qu’il se sert de la peinture pour présenter la place de la femme au sein de la société musulmane et pour dénoncer les clichés sociaux.

« J’utilise la femme pour m’attaquer aux islamistes. Je suis un artiste engagé. La femme, dans le monde musulman, devrait être libre. C’est l’interprétation que certains font de la religion qui fait reculer la situation de la femme en Algérie. Ce n’était pas le cas à l’époque en Algérie, en Tunisie et en Egypte. La femme était plus libre qu’aujourd’hui. Je  suis heureux de voir que les algériennes se mobilisent  en ce moment pour le port du bikini »

Sur les murs de la galerie, il est possible d’apprécier trois œuvres d’art de l’auteur :

-« L’enfermement » 

Sur ce tableau se lit la phobie que provoque l’arrivée des vagues de migrants. Ces derniers bravent les murs, au prix de leurs vies et espèrent une meilleure existence en Europe.

-« Identité »

Dans cette œuvre picturale, le peintre illustre la richesse que représente la diversité en France. Pour lui, la diversité implique le respect de ses origines mais aussi et surtout le respect des valeurs de la République française. « Il faut s’intégrer » reconnait Fawzi.

 

-«  L’autre » 

C’est le regard qu’on entretient avec l’autre dans la société. Ce regard de méfiance, de préjugés et souvent d’indifférence, voilà ce que l’artiste cherche à décrire dans cette œuvre. Cette peinture nous invite à aller au-delà des barrières imaginaires.

 

Mme Nicole Louvet, ancienne collaboratrice de l’artiste, voit dans ces peintures l’histoire de l’Europe et de ses problématiques : « Il utilise des couleurs qu’il crée lui-même : c’est un bon mélange. Il sait se montrer sensible pour partager un message ».

« Il décrit l’histoire de chacun et rappelle que chacun a été étranger. Ces différentes origines qu’on retrouve font une mosaïque. Son tableau, « L’enfermement », me rappelle une partie de mon histoire : « le mur de Berlin ». Ça me touche profondément »

Fawzi fait un beau mariage. Il apprend au monde que les conditions de vie, les pratiques culturelles et les croyances religieuses des sociétés, ne sont nulle part le résultat de la couleur de peau.