Emmaüs lance sa plateforme solidaire Trëmma pour les vêtements de seconde main

Top départ pour Trëmma. Cette nouvelle plateforme, lancée par Emmaüs, permet de donner ou d’acheter des vêtements sur le modèle des sites des géants du e-commerce. L’argent récolté servira à financer des projets solidaires choisis par le vendeur. Une manière de se détacher et de concurrencer les leaders du marché des vêtements de seconde main comme Vinted et Le Bon Coin qui, depuis leur apparition, ont provoqué une chute de la qualité des dons. 

article par Marina Fabre publié sur le site novethic.fr le 25 01 2021

Emmaüs s’adapte. La célèbre association, qui collecte des vêtements auprès des particuliers pour les revendre dans ses centres, propose désormais une plateforme en ligne solidaire baptisée Trëmma. Le but d’Emmaüs est de capter un public jeune et connecté mais surtout de concurrencer les géants de l’occasion.

Depuis une dizaine d’années et le développement de Vinted, leader du marché des vêtements de seconde main, Emmaüs fait face à une baisse de la qualité des dons qu’elle reçoit. “On est obligé de collecter beaucoup plus d’objets pour assurer le même niveau de recettes“, explique la cofondatrice et directrice du Label Emmaüs, Maud Sarda. Les consommateurs font  un premier écrémage de leur armoire et les pièces les plus précieuses sont d’abord revendues sur les plateformes entre particuliers. C’est seulement au deuxième tour que les vêtements non portés sont donnés à des associations comme Emmaüs.

Le fonctionnement de “Trëmma” ne dépaysera pas les usagers des autres plateformes de vente de seconde main, comme Vinted ou Le Bon Coin: “Chaque utilisateur peut créer une annonce sur Trëmma”, qui sera ensuite “reprise par un modérateur, salarié en insertion qui la complète, la met en vente sur label-emmaus.co“, selon un communiqué publié lundi.

La solidarité en plus

Principale différence avec les autres places de marché en ligne : si l’objet trouve preneur, “le produit de la vente est reversé au projet de solidarité que le donateur a choisi”. “Le vendeur ne touche rien sur ce qu’il a vendu, mais peut demander un reçu fiscal portant sur 60 %” de la vente, précise Maud Sarda à l’AFP. Parmi les projets de solidarité sélectionnés par Emmaüs on compte ainsi la ferme de réinsertion de Baudonne, un lieu d’accompagnement pour des femmes en fin de peine de prison ou encore la Ressourcerie du Pays d’Issoire qui emploie 12 salariés en contrat d’insertion et collecte chaque année 140 tonnes d’objet.

L’objectif d’Emmaüs est de récolter un million d’euros de dons sous trois ans. “Tout le monde n’a pas les moyens de donner des projets solidaires sur une plateforme de crowdfunding classique. Notre solution permet à tous de pouvoir prendre part à l’économie circulaire à son échelle, en donnant un objet dont il souhaite se débarrasser“, lit-on dans le communiqué.