Colette Senghor, épouse et “muse” de Léopold Sédar Senghor, est morte à 93 ans

“Mme Senghor nous a quittés”, a annoncé la municipalité de Verson dans un communiqué exprimant son “immense tristesse” après avoir appris lundi ce décès intervenu “dans sa demeure familiale”. Colette Senghor fut l’ancienne première dame du Sénégal. Elle avait épousé Léopold Sédar Senghor (1906-2001), premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et chantre de la négritude.

article publié sur le site francetvinfo.fr, le 19 11 2019

“J’ai appris avec émotion le rappel à Dieu de Mme Colette Senghor, je rends hommage à la 1re Première Dame du Sénégal, femme discrète et femme de l’ombre de feu le Pdt Léopold S. Senghor. À sa famille, je présente, au nom de la nation, mes condoléances les plus attristées”, a réagi dans la nuit sur Twitter le président sénégalais Macky Sall.

Née le 20 novembre 1925 à Mouzay (Meuse), Colette Senghor, née Hubert, avait épousé Léopold Sédar Senghor, alors député du Sénégal, le 18 octobre 1957. “Élégante et discrète”, Colette Senghor était devenue première dame du Sénégal et “a toujours veillé et épaulé son mari dans sa vie politique et a été la source de son inspiration dans sa vie artistique”, souligne la commune.

Senghor lui avait consacré un recueil de poèmes

Décédé en 2001 à Verson, Léopold Sédar Senghor avait consacré à sa “muse” et “tendre compagne”, le recueil de poèmes Lettres d’hivernage, rappelle la ville de Verson. “C’est également elle qui lia à jamais le poète président à la Normandie, et plus spécifiquement à Verson, où le couple prit l’habitude de venir en villégiature dans la maison familiale de Mme Senghor, au 150 rue du Général Leclerc, puis d’y résider à partir des années 1980”, rappelle la commune.

Lors des cérémonies du centenaire de Léopold Sédar Senghor à Verson en 2006, le secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf, avait rendu hommage à Colette Senghor, souligne la commune. “Colette Senghor a toujours veillé sur la mémoire de son mari. Elle a fait en sorte qu’une partie de ses archives soit conservée, notamment, au sein de la salle Djilor dans l’Espace Senghor à Verson”, ajoute la commune qui rend chaque année hommage à ce “bel héritage” à travers sa programmation culturelle.

Poète et écrivain, Léopold Sédar Senghor a été un chantre de la Négritude, un mouvement pour la défense des valeurs culturelles du monde noir qu’il a fondé dans les années 30 avec le Martiniquais Aimé Césaire et le Guyanais Léon Gontran Damas. Agrégé en grammaire française, il a été le premier Africain membre de l’Académie française.