Ce que l’on sait du meurtre d’une octogénaire juive à Paris

Le parquet de Paris a retenu la qualification “d’assassinat” ainsi que le caractère antisémite du meurtre de Mireille Knoll. Cette femme de 85 ans a reçu des coups de couteau et son appartement, situé dans le 11e arrondissement, a été incendié, vendredi.

mise à jour publiée le 27 mars sur Franceinfo 

Le parquet de Paris a ouvert, lundi 26 mars, une information judiciaire pour “assassinat” à caractère antisémite, après le meurtre, vendredi à Paris, d’une octogénaire juive. Deux suspects vont être présentés à un juge d’instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, notamment pour “assassinat à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur personne vulnérable”, selon une source judiciaire.

La victime s’appelle Mireille Knoll

Mireille Knoll, 85 ans, était “de confession juive”, a souligné dimanche soir, dans un communiqué, le Service de protection de la communauté juive (SPCJ).  Enfant, elle avait échappé de justesse à la rafle du Vel d’Hiv’ de juillet 1942, en s’enfuyant de Paris juste avant, avec sa mère, a raconté à l’AFP son fils. Réfugiée au Portugal, elle était revenue à Paris après la guerre, et avait épousé un homme rescapé du camp d’Auschwitz. Son mari est mort au début des années 2000.

Elle a reçu des coups de couteau et son appartement a été incendié

Le corps de Mireille Knoll a été retrouvé en partie carbonisé, vendredi 23 mars, dans son appartement, au deuxième étage d’un immeuble de l’avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement de Paris. C’est une voisine qui a signalé l’incendie et a appelé les pompiers.

Les policiers se sont rapidement orientés vers la piste criminelle, après la découverte de plusieurs départs de feu dans l’appartement, puis de traces de coups de couteau sur le corps de la vieille dame, qui gisait sur son lit.

Deux suspects vont être présentés à un juge

A la police, un membre de la famille de Mireille Knoll a déclaré soupçonner un voisin, qui avait l’habitude de venir la voir et était passé dans l’appartement dans la journée. C’est cet homme, né en 1989, qui a été le premier placé, samedi, en garde à vue“Apparemment, ma mère le connaissait très bien et le considérait comme un fils”, a déclaré à l’AFP le fils de la victime. Un deuxième homme a été placé en garde à vue lundi.

Le caractère antisémite du crime retenu

Lundi, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire des chefs “d’assassinat en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur une personne vulnérable”, “vol aggravé”, “dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes”. “Les deux individus mis en cause ont été déférés en vue de leur présentation à un juge d’instruction”, précise le parquet de Paris, qui requiert leur placement en détention provisoire.