“Tu as mal hein sale PD !” : Boris et Alfredo, victimes d’une agression homophobe en pleine rue

Boris et Alfredo se tenaient par la main en rentrant de la Fête de la Musique à Lyon. Pour ce geste, ils se sont fait violemment tabasser.

Il semblerait qu’en 2017, deux hommes ne puissent toujours pas se tenir la main dans la rue. C’est en tout cas ce que témoigne l’agression vécue à Lyon par Boris et Alfredo, le soir de la Fête de la Musique, le 21 juin dernier.

Agressés en pleine rue

Boris, un Stéphanois d’origine venu passer la soirée de la Fête de la Musique à Lyona raconté à France Bleu l’enfer qu’il a vécu, ce soir-là, avec son compagnon Alfredo. Après avoir passé la soirée sur les quais lyonnais, le couple rentre chez lui vers 2h30 du matin, lorsqu’il s’arrête après avoir croisé un ami. C’est là qu’une femme et deux hommes d’une vingtaine d’années s’arrêtent à leur hauteur et commencent à proférer des insultes, comme l’explique Boris à France Bleu :

“C’est la fille uniquement qui nous a insultés […] on n’a d’abord rien dit, puis on a fini par répondre, et là, les deux gars ont commencé à nous taper. Ça a été très violent. […] J’ai pensé que ça pouvait très mal se finir. Ils avaient tellement de haine qu’on aurait pu rester sur le carreau.”

Un des agresseurs donne un coup de bouteille sur la tête d’Alfredo, l’autre brise le tibia de Boris en le frappant violemment à la jambe. Heureusement, une brigade de police intervient. Mais durant l’interpellation, les insultes continuent à pleuvoir. La jeune fille leur lance : “Tu as mal hein sale PD !”

“La lutte continue”

Le couple est transporté à l’hôpital, Boris est opéré dans la nuit :

Quand nous sommes arrivés, les médecins nous ont expliqués qu’on n’était pas les seuls homosexuels à s’être fait agresser ce soir-là.”

Boris s’en tire avec une double fracture tibia-péroné, et 45 jours d’arrêt de travail. Mais surtout avec un gros sentiment d’amertume :

J’ai l’impression qu’il y a un discours ambiant très positif par rapport à l’intégration et aux droits des homosexuels. Que l’on vivrait dans une société très ouverte et tolérante. C’est vrai qu’il y a des tas de choses qui ont été faites, ceci dit, je pense qu’il ne faut pas trop d’angélisme non plus et se rendre compte que les agressions comme ça continuent à exister. La lutte continue.

Les deux jeunes hommes ont contacté un avocat et espèrent une qualification pénale et une condamnation. “Ces choses-là ne doivent pas rester impunies”, conclut Boris.