“Ah bravo !” Quand Anny Cordy chantait la rafle du Vel d’hiv…aux USA mais pas en France…

Annie Cordy chantant la rafle du Vel d’hiv ! C’est un article du Canard enchaîné qui réveille aujourd’hui le souvenir de “Madame Roza”, comédie musicale inspirée de “la vie devant soi” d’Emile Ajar (alias Romain Gary). Le spectacle ne sera jamais joué en France. Jacques Chirac n’avait pas encore reconnu la responsabilité de la France dans ce sinistre épisode. La censure de l’époque , 1987 (!), étaient encore incapable d’ “écouter” en face”, les fortes paroles signée Claude Lemesle et magnifiées par le talent dramatique de l’actrice chanteuse .

“Ah bravo!” 

La guerre, un petit matin, on cogne à la vitre Un cri “Debout la putain, fais ta valise et vite !” Dehors l’aurore de juillet grouillait de flics Mon Dieu, mon Dieu, ces Français plus pourris que les Fritz Ils nous ont parqués au Vélodrome Le soleil crachait sur Israël Et, dans les gradins, nos étoiles jaunes Qui faisaient honte au ciel Du Vel d’Hiv jusqu’aux bus et des bus aux wagons, Des wagons jusqu’aux camps : Terminus Et pourtant, moi, la mort, j’en suis revenue Et comment on s’en sort ? Je ne sais pas, je ne sais plus Mais je suis là, je suis là et bien là ! Ah bravo, bravo, j’existe, je persiste à exister Je suis bonne, je m’abonne ce soir à l’éternité Donnez-moi des tonnes de sourires d’enfants Et des hommes taillés dans des volcans Ah bravo, bravo, et pardon si parfois j’y pense encore J’ai baisé ces fils de putes et je leur crache au mirador Ce mâtin du diable, ce chien autrichien : Je l’emmerde dans son enfer chrétien ! Ah bravo, bravo, je vous jure que je ne vous oublierai pas De mon étoile jaune là-haut, je veillerai sur vous en bas Pleurez pas, mes chéris, sur ma terre promise J’aurai votre amour dans ma valise Du Vel’ d’Hiv’ jusqu’aux bus, et des bus aux wagons, Des wagons jusqu’aux camps : Terminus J’ai fait partie des veinards, de ces sacrés veinards Qui ont revu leur gare Ah bravo, bravo, tu as beau me tatouer un numéro, J’ai tiré le bon et crève ! C’est moi qui ai eu ta peau Je survis aux fanfares, à Lili Marlène Je suis grasse, j’ai cent ans et je m’aime !”