A Calais, les associations mettent en cause un arrêté municipal après la mort d’un jeune migrant

Au lendemain de la mort d’un jeune exilé dans sa tente, la polémique sur les conditions d’accueil des migrants à Calais enfle, samedi 2 novembre. Les associations et la gauche dénoncent une situation « indigne », et critiquent d’une même voix un arrêté municipal pris à l’occasion des festivités culturelles. La maire (LR) de la ville, Natacha Bouchart, a récemment pris un arrêté qui, selon les associations, empêche les distributions de repas aux migrants.

reportage de l’Agence France Presse publiée sur le site lemonde.fr , le 02 11 2019

Dans la nuit de jeudi à vendredi, selon plusieurs associations, un jeune Nigérian âgé d’« environ 22 ans » est mort en essayant de faire « un petit feu dans une boîte de conserve pour cuisiner et se réchauffer » dans sa tente, rue des Huttes, où des distributions de repas sont régulièrement assurées. Le jeune homme aurait été intoxiqué par le dégagement de fumées, a précisé samedi la préfecture du Pas-de-Calais.

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« Ce décès est vraiment symbolique, au moment où la municipalité a voulu écarter les migrants et les bénévoles qui les aident du centre-ville pour des raisons, entre guillemets, d’ordre public », a déclaré samedi à l’Agence France-Presse François Guennoc, vice-président de L’Auberge des migrants. Selon La Voix du Nord, deux rassemblements doivent avoir lieu samedi.

Un arrêté municipal très contesté

Jeudi, une vingtaine d’associations et collectifs d’aide aux migrants, comme la Fondation Abbé-Pierre et le Secours catholique du Pas-de-Calais, avaient dénoncé un arrêté municipal pris le 18 octobre par la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR). Pour ce collectif, l’arrêté a pour effet d’interdire les distributions de repas en centre-ville.

Cette décision — justifiée notamment par « les troubles à l’ordre public (…) générés par les attroupements de migrants » — a été prise par la maire de Calais pour garantir « la bonne organisation » et la « sécurité » des festivités culturelles dans sa ville : 300 000 personnes sont en effet attendues ce week-end, pour un spectacle urbain de trois jours autour d’un gigantesque dragon. Venu sur place vendredi 1er novembre, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a soutenu la maire pour l’organisation de ce spectacle, qu’il a qualifié de « reconquête républicaine et culturelle ».

Le spectacle du Dragon, vendredi 1er novembre, à Calais. Cette nouvelle attraction touristique a poussé la maire de Calais à prendre un arrêté municipal très contesté par les associations.