Lutter contre les préjugés sur les migrants

Préjugé 1 : On ne peut pas accueillir toute la misère du Monde

Non, mais nous devrions avoir honte de ne pas participer à la solidarité mondiale. Vous citez la fameuse phrase de Rocard ? Alors n’oubliez pas la deuxième partie de cette phrase ” La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part”. D’autre part, les chiffres officiels de l’évasion fiscale vont jusqu’à des estimations de pertes de 50 à 80 milliards d’euros pour la France. L’accueil des réfugiés est un choix de société.

Préjugé 2 :  C’est la porte ouverte aux terroristes

La plupart des terroristes identifiés dans les attentats français étaient de nationalité française ou belge. Seuls deux ont été enregistrés parmi les réfugiés sur l’île grecque de Leros. Aucun n’a été repéré dans les camps de réfugiés en France. Les terroristes n’ont pas besoin de se mêler au flux de migrants pour pénétrer en France. Enfin, les réfugiés syriens ou kurdes irakiens fuient justement Daech après l’avoir combattu

Préjugé 3 : On en fait plus pour les migrants que pour les français

C’est faux. Les aides aux migrants sont inférieures aux aides que perçoivent les Français. Les demandeurs d’asile perçoivent une allocation qui est en moyenne deux fois inférieure au montant du RSA. Cette allocation s’appelle l’ADA (Allocation pour Demandeur d’Asile), et son montant est, pour une personne seule, de 204€/mois. Le montant du RSA dans la même situation est de 524€/mois. Pour un couple avec 2 enfants, l’ADA est de 612€/mois, et le RSA est de 1100€/mois. En théorie, les demandeurs d’asile ont droit à un logement, mais seulement 40% en bénéficient.

Préjugé 4 : Aider les réfugiés de guerre oui, mais pas les migrants économiques

Et pourquoi pas ? Que feriez-vous à leur place ? Si votre pays ne permet pas de vivre de façon décente ou d’espérer élever une famille ? Ne vous sentiriez-vous pas défaillant dans votre rôle de futur père ou mère si vous ne preniez pas le risque de l’exil ? Les statistiques indiquent qu’il y a entre 2 et 2,5 millions de Français expatriés à l’étranger. Dont 8% au Proche et Moyen-Orient, et 15% en Afrique(4). Les Français ne migrent pas pour fuir la guerre, mais par choix ou pour obtenir des conditions de travail meilleures qu’ici. Ce sont, au sens strict du terme, des migrants économiques. Nous acceptons la migration économique quand elle nous concerne, même quand elle n’est pas vitale, vers des pays dont nous refusons les migrants économiques.