Vivre ensemble. Laïcité : « L’islam doit franchir un cap »

« Face à la montée des communautarismes, quelle laïcité ? » Deux anciens ministres et un sociologue ont tenté d’apporter une réponse aux “Assises du vivre ensemble”, à Rennes.  Article publié par Ouest-France

Deux visions de la laïcité se sont affrontées en ouverture des Assises de la citoyenneté, vendredi 19 janvier, à Rennes. Celle, très pessimiste, de Jeannette Bougrab, ancienne présidente de la Halde et ancienne ministre, et celle de Jean-Louis Bianco, président de l’observatoire de la laïcité.

Philippe Portier, sociologue des religions, a d’abord donné une définition de la laïcité : « C’est le respect absolu de la liberté de conscience et de la liberté de la pensée. »

« Oui, mais c’est d’abord un devoir politique, complète Jean-Louis Bianco. Chacun doit avoir la liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer sa religion dans le respect de l’ordre public. Nous sommes d’abord des citoyens. »

La radicalisation surveillée

Jeannette Bougrab acquiesce mais l’ancienne secrétaire d’État à la Jeunesse évoque « une laïcité moribonde ». L’ex-ministre du gouvernement Fillon estime que « l’État a refusé de prendre parti durant les années 80 ».

Et cette perte d’autorité des pouvoirs publics a eu des conséquences et pas des moindres. « On oublie Mohammed Merah, les enfants et les militaires tués », enchaîne l’ancienne présidente de la Halde. « Et maintenant, doit-on laisser les combattants de Daech retourner en France ? »

L’État a repris les choses en main

Un terrain sur lequel les deux autres intervenants ne se sont pas risqués. Jean-Louis Bianco a, au contraire, dressé un autre bilan, plus positif : « Sur le terrain, la réalité est beaucoup moins négative, évalue l’ancien conseiller de François Mitterrand. On ne doit pas accepter la contestation d’un cours en raison d’une croyance. La radicalisation doit être surveillée et elle l’est en grande partie. »

Philippe Portier a renchéri : « L’État a repris les choses sérieusement en main. Dans les écoles, il existe des cours de citoyenneté et de moral. On ne peut pas dissimuler son visage dans l’espace public. Nous devons aider l’islam à franchir un cap de modernité. »