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Un tiers des agents immobiliers bruxellois participe à la discrimination

Ils acceptent la demande de leur client de ne pas louer le bien à des personnes d’origine étrangère ou aux faibles revenus.

A Bruxelles, les hommes dont le nom est à consonance nord-africaine ou africaine subsaharienne sont les plus discriminés sur le marché locatif. Dans respectivement 44 % et 30 % des annonces de location pour lesquelles ils postulent, ils sont systématiquement refusés.Ce constat ressort d’une étude sur la discrimination sur le marché locatif privé de la Région de Bruxelles-Capitale. L’étude, réalisée par l’Université de Gand, a été commandée par la ministre Céline Fremault (CDH), en charge du logement à Bruxelles.

Les Nord-Africains les plus touchés

Les résultats ont été obtenus en réalisant des milliers de tests de correspondance qui visent à comparer comment sont traités deux candidats à la location lorsque l’un d’entre eux présente un marqueur de discrimination. Il peut s’agir d’un traitement négatif et injustifié de la demande en raison de l’origine ethnique, de l’âge, du handicap physique ou mental, des revenus, etc.

Pour 44 % des hommes dont le nom est d’origine nord-africaine, la demande de candidature pour un logement est mise directement de côté. Il en est de même pour un tiers des candidats au nom à consonance subsaharienne. Les demandes de logement des chômeurs sont elles aussi mises de côté dans un cas sur trois. Les pensionnés ont quant à eux plus de chance de trouver un bien en location.

Les familles monoparentales ne seraient quant à elles pas touchées par ce type de discrimination.

Un tiers des agents acceptent les critères discriminants

La méthode du “mystery shopping” a également été utilisée pour réaliser l’étude. Elle consiste à appeler de manière anonyme des agents immobiliers afin de savoir si ces derniers accepteraient de discriminer les minorités ethniques et les personnes aux faibles revenus. A la question de savoir si le bien pourrait être loué uniquement à “de vrais Belges” ou à des personnes qui ne dépendent pas des revenus sociaux, un tiers des agents répond par la positive.

De plus, ces agents précisent d’emblée que la demande du client est en conflit avec les lois anti-discrimination et sont donc conscients de l’illégalité de la démarche.

Un plan d’action

La ministre Céline Fremault lance un plan d’action pour lutter contre la discrimination au logement. “Il est nécessaire de mettre l’accent sur la formation des agents immobiliers. Unia a déjà réalisé ce type de formation mais à petite échelle. Seuls 30 agents immobiliers ont pu suivre leur formation en région bruxelloise. Or, il y en a environ un millier. Le plan d’action comportera également un volet de sensibilisation par le lancement d’une campagne anti-discrimination.”