Racisme Être noir en Égypte, ou le calvaire du footballeur Shikabala

Le footballeur égyptien Mohammed Abdel Razaq, alias “Shikabala”, est “poursuivi depuis le début de sa carrière par les actes racistes en raison de sa couleur de peau”, écrit le site Daraj*. 

article du site libanais Daraj traduit et publié sur le site courrierintenational.com, le 29 05 2021

Originaire du sud du pays, le gaucher âgé de 35 ans a en effet la peau noire. En Égypte, comme dans la plupart des pays arabes, les Nubiens à la peau foncée et les personnes de couleur en général sont souvent victimes de discrimination et de racisme.

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Le dernier incident sur un terrain de football date du 10 mai dernier. Lors du très chaud Derby du Caire, opposant les deux plus grands clubs de football en Égypte, la star du Zamalek a été victime d’insultes racistes proférées par des supporters d’Al-Ahly. Shikabala, dont le surnom fait référence au flamboyant joueur zambien Webster Chikabala, a alors répliqué en montrant sa chaussure, comme un signe de dédain et d’irrespect.

Après cet incident, la Fédération égyptienne de football a décidé de sanctionner le club d’Al-Ahly d’une amende de 50 000 livres égyptiennes (environ 2 600 euros), mais aussi le joueur, “qui s’est vu infliger deux matchs de suspension et une amende” du même montant.

S’estimant lésé, il a annoncé sur Twitter qu’il allait intenter une action en justice pour faire valoir ses droits.

“Cette décision n’est pas seulement pour moi, mais elle vise également à protéger tous les joueurs et entraîneurs noirs jusqu’à ce que ce phénomène raciste soit résolu.”

Un chien et un singe
Un “sommet” avait été atteint en novembre 2020 après la victoire d’Al-Ahly contre le Zamalek lors de la dernière finale de la Ligue des champions des clubs d’Afrique. À Louxor, des aficionados des “Diables rouges” ont habillé un chien noir du maillot du Zamalek floqué du nom du joueur et l’ont porté en criant “Shika ! Shika !”.

 

Shikabala est la cible de ce type d’actes “depuis le premier jour où il a foulé un terrain de football”, en 2007, écrit le journaliste égyptien Waël Toufiq. Ce jour-là, des supporters d’Al-Ahly ont brandi dans les gradins une grande peluche noire représentant un singe. Ces dernières années, les attaques contre Shikabala “se sont amplifiées sur les réseaux sociaux”, où l’ensemble de sa famille est pris pour cible, explique le site libanais.