Lutte contre le racisme : la France, un pays plutôt tolérant

Jeudi, la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH) a dévoilé son 27e rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Les Français sont majoritairement tolérants vis-à-vis des minorités juives, maghrébines, musulmanes et noires. Pourtant, des préjugés stagnent toujours pour certaines populations.

Article publié par la dépêche.fr

Plus de 6 Français sur 10 se disent tolérants

L’année dernière, “l’indice longitudinal de tolérance” s’est stabilisé à 64% en 2017 (63 en 2015 et 65 en 2016) alors qu’il était seulement à 51% en 2000.

Le degré de tolérance de la population est calculé selon les réponses des personnes questionnées à une batterie de 69 questions.

Concrètement, plus l’indice est élevé, plus la population française est tolérante envers les minorités, et inversement.

En 2017 donc, 78% des Français sondés se disaient tolérants envers les populations noires et les juives, 72% avec les populations maghrébines et 61% envers les musulmans.

« S’il faut se réjouir de cette tendance à la tolérance, la société française est encore traversée par des clivages, des stéréotypes ainsi que par la montée du populisme et des extrêmes » tempère Marc Knobel, directeur des études du C.R.I.F.

“Ne crions pas victoire trop vite”

Bien que l’on remarque une tolérance accrue depuis 5 ans (+10 points d’indice depuis 2013), il subsiste toujours un fort rejet de la part de certains Français à l’encontre d’ethnies.

Par exemple, la population Roms souffre de mauvaises idées préconçues puisque son indice de tolérance n’est qu’à 32%. Ce qui voudrait dire que 68% ne les tolèrent pas.

“Ne crions pas victoire trop vite et regardons les préjugés qui subsistent dans notre société” relativise l’ancien professeur d’histoire-géographie.


Le “chiffre noir”

Le ministère de l’intérieur avait publié le 31 janvier, un bilan des actes racistes, antisémites et xénophobes en 2017.

Il se base sur les chiffres officiels des plaintes reçues par les autorités. Par conséquent, énormément d’actes racistes “officieux” sont omis pour diverses raisons (sentiments de honte des victimes ou menaces et pressions des agresseurs..) qui ne viennent pas se déclarer. C’est le “chiffre noir”.

« Dans le bilan du ministère de l’intérieur, on observe une baisse de 16% avec 950 actes malveillants de natures raciales en 2017 contre 1128 en 2016 » déclare Marc Knobel. « Mais combien de victimes ont peur de porter plainte après des menaces ou des agressions ? Combien n’y vont pas après des crachats ou des insultes ? Il faut se rendre compte que c’est seulement une petite partie émergée de l’iceberg qui est comptablisée » indique l’ancien vice-président de la LICRA.

Ce “chiffre noir” est évalué à 3 % pour les injures racistes, à 17 % en cas de menaces et à 30 % en cas de violences par le rapport du CNCDH.