Le coronavirus chinois réveille une épidémie de stéréotypes racistes envers les Asiatiques

DISCRIMINATIONS – L’épidémie du coronavirus ne cesse de s’étendre avec une quinzaine de pays touchés et cent morts en Chine à l’heure où cet article est publié. Cette augmentation du nombre de personnes contaminées va de pair avec le réveil d’une épidémie de stéréotypes racistes envers les communautés asiatiques. Celle des amalgames et des blagues douteuses.

article pMarine Le Breton piblié sur le site huffingtonpost.fr, le 28 01 2020

Lundi 27 janvier, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus a notamment été lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer le racisme anti-Asiatiques croissant depuis le début de l’épidémie.

Relayé par la réalisatrice Amandine Gay, un message en particulier, posté sur Twitter, dénonce ce racisme. Il a été écrit de manière anonyme, la personne à l’origine de celui-ci craignant le harcèlement.

Racisme décomplexé
“La crise sanitaire du coronavirus entraîne dans son sillage une libération de la parole raciste dans les médias et sur les réseaux sociaux”, écrit-elle dans ce texte déjà partagé plus de 1600 fois sur Twitter. “Beaucoup de personnes utilisent de manière indifférenciée ‘chinois” pour ‘asiatiques’, mettant de côté toutes les nationalités et diversités culturelles, ethniques, etc., qui composent ce continent. Faut-il rappeler que l’Asie est un continent et non un pays?”, s’interroge-t-elle.

Contactée par Le HuffPost, J. (elle souhaite préserver son anonymat) explique avoir écrit ce message dimanche 26 au soir afin de “sensibiliser sur la question du racisme décomplexé qui a lieu en ce moment”. Cette femme adoptée, d’origine coréenne, a partagé son message au sein de plusieurs groupes de communautés asiatiques. “Je pestais de voir tous les jours ces témoignages de violences, d’attitudes racistes”, souligne-t-elle.

Très vite, le message a circulé sur les réseaux sociaux, ce qu’elle n’avait pas du tout anticipé. Si J. n’a elle-même pas été directement l’objet d’attaques, d’insultes ou d’attitudes racistes en lien avec la médiatisation du coronavirus, elle constate qu’une sorte de “paranoïa” s’est emparée d’elle à force de lire tous ces témoignages. “Je remarque que je fais attention à ne pas tousser. Par exemple, samedi soir je suis sortie dans un bar, j’étais un peu patraque, j’avais peur que les gens s’éloignent ou me regardent bizarrement”, regrette-t-elle.

“Asiatiquetés”
J. emploie le terme “asiatiquetés” pour montrer l’amalgame qui est fait entre les Chinois et tous les Asiatiques avec l’épidémie du coronavirus.

Mai Lam Nguyen-Conan, spécialiste des questions interculturelles, a elle aussi constaté cette confusion entre les Chinois et tous les Asiatiques. Même si elle n’a elle-même pas subi de rejet ou de réactions violentes depuis le début de l’épidémie du coronavirus, elle remarque que “comme il y a beaucoup de touristes chinois à Paris, on me confond souvent avec eux et on me parle anglais”, souligne-t-elle auprès du HuffPost. Mai Lam Nguyen-Conan est d’origine vietnamienne.

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