La Tunisie, premier pays arabe en matière de liberté de la presse

Sur les 180 Etats classés par Reporters sans frontières, le pays se positionne à la 72e place, alors qu’il était 97e en 2018, gagnant ainsi vingt-cinq places.

article publié sur le site lemonde.fr, le 19 04 2019

La Tunisie continue de progresser en matière de liberté de la presse, a indiqué jeudi 18 avril l’ONG Reporters sans frontières (RSF), saluant les avancées dans ce pays, le mieux classé de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient. « Les journalistes subissent des pressions énormes sur l’ensemble des pays du Maghreb », a déclaré à l’AFP Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, lors de la présentation à Tunis du rapport annuel de l’ONG.

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« En Algérie, au Maroc ou en Libye, les journalistes sont victimes de l’acharnement du pouvoir. L’exception reste la Tunisie qui continue son processus de transition démocratique et qui a fait une avancée remarquable de vingt-cinq places. Mais elle reste confrontée à d’innombrables défis, surtout par rapport au cadre législatif », a-t-il précisé.

Seul pays rescapé des « printemps arabes »

Tunis doit encore notamment mettre sur pied une instance de régulation de l’audiovisuel, attendue de longue date, souligne RSF. Seul pays rescapé des « printemps arabes » de 2011, la Tunisie se classe à la 72e place sur 180 pays, alors qu’elle était 97e en 2018. Elle se place devant tous les autres pays de la région, notamment le Liban (101e) et Israël (88e).

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L’Algérie continue de s’enfoncer, à la 141e place. Il y a eu une ouverture au début du mouvement de contestation déclenché en février contre un nouveau mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné depuis, a relevé M. Khayati. Néanmoins, « ces derniers temps, il y a un retour aux intimidations », a-t-il précisé. « On a le sentiment que le régime a sifflé la fin de la récréation et que les journalistes doivent rentrer dans le rang », même si ces derniers « continuent à assurer une couverture professionnelle ».

La zone Moyen-Orient et Afrique du Nord est celle où il est « le plus difficile et le plus dangereux pour les journalistes d’exercer leur profession », a encore rappelé RSF. La Syrie et le Yémen, pays en guerre, restent parmi les plus hostiles à la presse, avec la Libye (162e), qui est, selon M. Khayati, « un trou noir de l’information » en raison de la difficulté d’y exercer le métier de journaliste.