Indonésie: nouvel attentat suicide commis par une autre famille

Une famille de cinq personnes incluant une fillette de huit ans est à l’origine de l’attentat suicide lundi contre un commissariat de Surabaya, deuxième ville d’Indonésie, ont indiqué les autorités au lendemain d’attaques contre des églises commises par une autre famille.

Article publié sur le site AFP.com le 14 05 2018

Cette série d’attentats fait craindre une influence accrue du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Asie du Sud-Est, où il a revendiqué des attaques ces derniers temps.

L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, avait été précipitée dans sa propre “guerre contre le terrorisme” par les attentats de Bali en 2002 (202 morts, parmi lesquels de nombreux étrangers). Les autorités avaient ensuite lancé une offensive majeure contre les extrémistes islamistes et affaibli ainsi les réseaux les plus dangereux. Mais l’EI est parvenu ces derniers temps à mobiliser à nouveau la frange extrémiste indonésienne.

En janvier 2016, des attentats suicides et attaques armées à Jakarta avaient coûté la vie à quatre civils. Les quatre assaillants avaient été tués dans ces attaques revendiquées par l’EI, les premières de cette ampleur en Indonésie depuis 2009.

Les attaques de dimanche contre trois églises à Surabaya ont été perpétrées par six membres d’une même famille et ont fait 14 morts. La mère, le père, les deux filles de 9 et 12 ans et les deux fils de 16 et 18 ans auteurs des attaques étaient liés au mouvement extrémiste islamiste indonésien Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient l’EI, selon la police.

Le père, Dita Priyanto, était le leader de la cellule locale du mouvement JAD. Celui-ci a “donné des instructions à la cellule pour qu’elle agisse”, a déclaré lundi le directeur de la police nationale, Tito Karnavian, à des journalistes.

Lundi, c’est une autre famille qui a commis l’attentat suicide contre un commissariat de police, qui a fait dix blessés au moins, en plus de quatre morts parmi ses auteurs. La fillette de 8 ans a survécu, a déclaré Frans Barung Mangera, porte-parole de la police de la province de Java Oriental.

“Il y avait cinq personnes sur deux motocyclettes. L’une d’elle était un petit enfant. Il s’agit d’une famille”, selon M. Karnavian.

AFP / JUNI KRISWANTOLa police sur les lieux d’une attaque contre une des églises de la villz, à Surabaya le 13 mai 2018

Les attaques à Surabaya dimanche et lundi pourraient avoir été déclenchées par l’arrestation de leaders du JAD et être liées aux affrontements mortels provoquées par des militants islamistes dans une prison de haute sécurité de la banlieue de Jakarta la semaine dernière, a ajouté M. Karnavian.